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Obectif Vénus

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Vénus l’étoile du berger, est la planète la plus proche de nous. Elle se trouve en moyenne à  110 millions de km du soleil contre 150 millions pour la Terre et 230 millions de km pour Mars.

Dès le début de l’ère spatiale, des sondes sont envoyées vers Vénus. En 1962, avec la mission Mariner 2, la Nasa réussit le premier survol de la planète. Ensuite, Russes et Américains enchainent des dizaines de  missions d’exploration. Avec leur programme Venera, les Russes parviennent, à plusieurs reprises, à poser des atterrisseurs sur le sol vénusien. Les photos prises et les mesures effectuées dévoilent un monde particulièrement hostile : températures de 450°C,   pression atmosphérique 100 fois plus grande que celle sur terre, vents violents et présence de brouillard d’acide. Dans cet univers dantesque, les engins posés sur le sol vénusien ne résistent que quelques dizaines de minutes. 

Plus récemment, une équipe de chercheurs ont publié dans la revue scientifique “Nature Astronomy” une étude montrant la présence de phosphine dans des nuages vénusiens, à une altitude où les températures et les pressions sont similaires à celles ici enregistrées au niveau de la mer sur Terre. La présence de cette molécule sur Vénus est un possible indice de vie dans la mesure où, sur Terre, ces molécules peuvent être produites par des bactéries anaérobies. L’intérêt pour Vénus est ainsi relancé.

L’Inde qui s’affirme comme de plus en plus comme une puissance spatiale, a déjà planifié  Shukrayaan-1 , une mission autour de Vénus pour cartographier la surface de la planète et analyser finement  son atmosphère. Deux  fenêtres de tir sont retenues pour son lanceur GLSV : décembre 2024 ou au milieu de l’année 2026. Un spectromètre infra-rouge ainsi que d’autres instruments français, suédois et russes feront  parties de l’équipement embarqué.
Roscosmos, l’agence spatiale russe, se propose d’ailleurs de relancer son programme Venera et d’envoyer un nouvel atterrisseur en 2029.
La Nasa envisage, de son côté, deux types de missions à destination de Vénus. La première, nommée DAVINCI+ (Deep Atmosphere of Venus Investigation of Noble Gases, Chemistry, and Imaging, Plus) aurait pour but d’étudier l’atmosphère de la planète à différentes altitudes, sa composition chimique et ses caractéristiques physiques : pression, température, etc. La seconde mission envisagée par la Nasa, VERITAS (Venus Emissivity, Radio Science, InSAR, Topography, and Spectroscopy) serait dédiée à la cartographie du sol, à l’étude géologique de la planète et à la recherche d’éventuelles traces de vie.
L’Agence Spatiale Européenne (ESA) travaille également sur une mission vénusienne avec un orbiteur, EnVision, qui devrait avoir des objectifs proches de celles de la mission VERITAS de la NASA.
Enfin la Chine projette différentes missions vers Vénus d’ici 2030. Certaines devront étudier la ionosphère et la magnétosphère de Vénus, les vents et les courant gazeux au sein de l’atmosphère. D’autres se focaliseront sur la topographie, la géologie  et la structure interne de  la planète.
Même des sociétés privées commencent à s’intéresser à Vénus. Space X, la société créée par Elon Musk n’est en effet plus la seule  à être présente dans l’espace. La californienne Rocket Lab a annoncé une mission vénusienne pour 2023. Cette startup spatiale a déjà à son crédit plusieurs lancements réussis, avec sa fusée Electron, de satellites pour la NASA, la DARPA et l’US Air Force. En Chine, Ispace, la toute nouvelle startup privée chinoise qui vient de placer en orbite sa première sonde Hyperbola 1, envisage aussi des missions sur Vénus.

Pour beaucoup,  Vénus proche de nous et relativement facile d’accès,  pourrait aussi devenir champ d’expérimentation pour mettre au point les modèles et les techniques nécessaires à l’étude des exo-planètes comme celle repérée en orbite dans la zone habitable de Proxima du Centaure, l’étoile  la plus proche du soleil à…. 4,2 années-lumière!

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