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Ce qu’il faut retenir du dernier recensement chinois

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Le pic démographique

La Chine vient de publier les résultats de son dernier recensement. En 2020 la population chinoise s’élevait à 1,411 milliard d’habitants, en hausse de 5,4% par rapport au recensement de 2010.
L’analyse de ces chiffres montre que le pic démographique de la Chine a été atteint dans le milieu de la décennie passée et que la population diminue depuis 2016. Plus inquiétant encore pour l’avenir de la Chine,  la natalité de la République populaire est devenue l’une des plus faibles du monde. Seuls 5 pays connaissent des situations encore plus dramatiques : Corée du sud, Singapour, Malte,  Ukraine et Espagne. En 2020, à peine 12 millions de bébés ont vu le jour en Chine. Le nombre d’enfants par femme n’est plus que de 1,3, loin du taux nécessaire pour assurer le renouvèlement des générations. A ce rythme, la Chine pourrait perdre 4 à 700 millions d’habitants d’ici la fin du siècle comme le prévoyaient déjà plusieurs études.
La transition démographique est donc bien amorcée en Chine et le recensement en affiche toutes les caractéristiques : développement de l’instruction, urbanisation ou encore vieillissement des habitants. Ce dernier point est particulièrement important. Les personnes âgées de plus de 60 ans représentent maintenant 19% de la population (contre 13% en 2010) et  ce taux devrait atteindre 30%, voire plus, assez vite. La nécessité de prendre soin des personnes âgées ne va pas tarder à  peser lourdement sur la capacité de la Chine à investir et limitera la croissance future de son économie.
Il y a cinq ans, la Chine a mis fin à sa politique de l’enfant unique et a permis aux familles d’avoir deux enfants, mais ces mesures semblent insuffisantes pour enrayer la baisse de la natalité. Il est donc fort probable que les autorités chinoises adoptent de nouvelles mesures pour tenter de relancer les naissances : avantages ou aides financières aux familles nombreuses. Une politique nataliste se heurtera néanmoins à l’évolution de la société chinoise, dorénavant plus éduquée et déjà adaptée à la cellule familiale réduite. Enfin les changements de mode de vie et la pollution entrainent, comme en Occident, une baisse régulière de la fertilité masculine. Les fécondations “in vitro” et les autres modes de procréation assistée devraient aussi être  développés voire encouragés. Parallèlement la libéralisation des mœurs est prévisible, en particulier les mères célibataires devraient être mieux acceptées. Enfin les différences de taux de natalité entre régions, par exemple entre la Chine de la côte Pacifique et l’intérieur du pays, notamment au Xinjiang musulman, peuvent devenir des sources de tensions.

Développement de l’éducation

En 1997, seulement 3 millions de chinois avaient fait des études supérieures. En 2020 Plus de 218 millions de personnes ont désormais une formation universitaire soit environ 20% des adultes entre 25 et 64 ans. Ce taux reste inférieur à ce qu’il est en France et dans les autres pays développés (38% en moyenne dans les pays membre de l’OCDE) mais la Chine comble son retard à très grande vitesse. Entre 2010 et 2020 le taux des personnes faisant des études supérieures a bondi de 73%. En 2020, la proportion d’élèves du secondaire entrant à l’université était de 54% , un taux comparable à ceux de l’Occident.
L’élévation du niveau d’instruction des jeunes chinois va de pair avec le choix politique de la République Populaire de favoriser à présent les secteurs des hautes technologies au détriment des secteurs traditionnels ne requérant que des personnels peu qualifiés.

Urbanisation et disparité territoriale

Durant la dernière décennie, la population des villes a continué de croitre à un rythme soutenue : +14% entre de 2010 à 2020. Les deux tiers des chinois vivent à présent dans les villes où les opportunités, la qualité de vie et le niveau des salaires sont très supérieurs à ceux des campagnes. Les populations des provinces du Liaoning, du Jilin et du Heilongjiang, dans le Nord-Est industriel de la Chine ont perdu des habitants. Les industries lourdes y peinent à maintenir le dynamisme d’antan. Par contre les grandes zones urbaines autour de Pékin, de Shanghai, de Canton ou encore de Hong Kong, dans le delta de la rivière des perles continuent de prospérer et de gagner des habitants.

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