Le Parlement adopte une stratégie nationale contre les maladies cardio-neuro-vasculaires

Le Parlement a définitivement adopté le lundi 20 juillet 2026 la proposition de loi du député Yannick Neuder instaurant une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, deuxième cause de mortalité en France.

Le vote de l’Assemblée nationale, acquis à l’unanimité, clôt un parcours législatif engagé au printemps. Le texte, porté par un ancien ministre de la Santé lui-même cardiologue, entend organiser autour de ces pathologies une politique publique pluriannuelle de prévention et de dépistage tout au long de la vie.

Un texte adopté à l’unanimité

La proposition de loi a été votée sans voix contre par les députés, après un accord trouvé en commission mixte paritaire le 1er juillet 2026 et un vote conforme du Sénat le 9 juillet. Le texte final compte cinq articles.

Cosignée par 80 députés issus de l’ensemble des groupes, la proposition avait déjà été adoptée à l’unanimité en commission des affaires sociales. Selon Yannick Neuder, il s’agit d’« un signal fort, toutes tendances politiques confondues, face à la deuxième cause de décès et la première cause de handicap en France : 140 000 décès, 1,2 million d’hospitalisations et près de 20 milliards d’euros de coûts annuels ».

Ce que prévoit la loi

L’article 1er définit une stratégie nationale visant les principaux facteurs de risque, parmi lesquels le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, la sédentarité, l’obésité, le cholestérol, le diabète et l’hypertension artérielle. Des rendez-vous de prévention seraient proposés aux âges clés de la vie.

Le texte instaure notamment un dépistage dédié dans l’année suivant le sixième anniversaire de l’enfant, ciblant en particulier l’hypercholestérolémie familiale, une maladie génétique qui toucherait une personne sur 250 et resterait, selon les promoteurs du texte, largement sous-diagnostiquée. Les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes seraient par ailleurs autorisés à mesurer la pression artérielle à des fins de prévention.

Des pathologies encore mal repérées

Les maladies cardio-neuro-vasculaires regroupent les atteintes du cœur, des vaisseaux et du cerveau, comme l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. Elles représentent la deuxième cause de mortalité derrière les cancers, mais la première cause de handicap acquis, selon les données citées lors des débats parlementaires.

Les auteurs du texte estiment qu’environ 80 % de ces pathologies pourraient être évitées par une action précoce sur les facteurs de risque. « Comme cardiologue, je reçois encore chaque semaine des patients qui arrivent trop tard », a déclaré Yannick Neuder pour justifier une intervention dès l’enfance. Le rapport de la commission des affaires sociales de l’Assemblée souligne que le risque cardiovasculaire des femmes demeure historiquement sous-évalué.

Un rapport attendu sous trois ans

Le dernier article du texte impose au gouvernement de remettre au Parlement, dans un délai de trois ans à compter de la promulgation, un rapport d’évaluation de la mise en œuvre de la stratégie. Ce document devra comporter une analyse médico-économique des mesures engagées, incluant le nombre de bénéficiaires et les économies attendues sur les hospitalisations.

La loi doit désormais être promulguée puis déclinée par voie réglementaire, étape qui conditionnera l’entrée en vigueur effective des dépistages. Le rendez-vous des trois ans fixé par le texte constituera le premier point d’étape de sa mise en application.

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Jacques CARLES