L’inflation accélère à 2,4 % en août, l’énergie sous tension

L’inflation en France a accéléré à 2,4 % sur un an en août 2026, après 2,1 % en juillet, un troisième mois consécutif de hausse porté par l’envolée des prix de l’énergie, a annoncé l’Insee vendredi 28 août dans son estimation provisoire.

Le mouvement rebat les cartes du pouvoir d’achat des ménages, alors que les salaires progressent moins vite que les prix. Sur un mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,7 %, contre 0,6 % en juillet. L’indice harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons européennes, s’est établi à 2,7 % sur un an, contre 2,4 % le mois précédent.

L’énergie tire l’ensemble des prix vers le haut

La reprise de l’inflation « s’expliquerait essentiellement par l’accélération des prix de l’énergie, principalement ceux des produits pétroliers », écrit l’Insee dans sa note. Sur un an, l’énergie a bondi de 16,7 % en août, après déjà 12,6 % en juillet.

Cette poussée doit être remise en perspective. En août 2025, les prix de l’énergie reculaient encore de 6,2 % sur un an et l’inflation d’ensemble ne dépassait pas 0,9 %. L’écart tient à la flambée des cours du pétrole et du gaz observée depuis la fin de l’hiver, qui s’est transmise aux prix des carburants au fil de l’été.

La rechute est d’autant plus marquée que l’inflation était retombée à 1,8 % en juin. En deux mois, la hausse annuelle des prix a donc regagné plus d’un demi-point, effaçant une partie de la décrue enregistrée depuis le pic de 2023. La composante énergétique, longtemps facteur de désinflation, redevient le principal moteur de la reprise des prix.

Les produits frais renchérissent l’alimentation

Les prix alimentaires ont accéléré plus modestement, à 1,1 % sur un an après 1 % en juillet. La hausse provient surtout des produits frais, en progression de 5,8 % sur un an, contre 3,8 % le mois précédent. Le reste de l’alimentation est resté quasi stable, à 0,5 %.

Les autres postes ont joué en sens inverse. La baisse des prix des produits manufacturés s’est atténuée, à -0,4 % après -0,7 % en juillet. Les services ont ralenti, à 2 % sur un an contre 2,2 %, tandis que le tabac est resté sur un rythme de 3,3 %.

Un pouvoir d’achat sous pression

La reprise de l’inflation intervient dans un contexte économique déjà fragile. L’Insee a ramené fin août la croissance du deuxième trimestre à 0 %, contre 0,2 % annoncé fin juillet. Le retour de tensions sur les prix de l’énergie pèse directement sur le budget des ménages, dont le taux d’épargne demeure élevé.

La Banque de France anticipe une progression du salaire moyen par tête de 2,1 % en valeur brute en 2026, un rythme inférieur à celui des prix. Autrement dit, la rémunération augmenterait moins vite que le coût de la vie, ce qui rognerait le gain de pouvoir d’achat attendu par les salariés.

Le poids de l’énergie et des produits frais frappe par ailleurs de façon inégale. Ces dépenses, difficilement compressibles, pèsent proportionnellement plus lourd dans le budget des ménages modestes et des habitants dépendants de la voiture, pour qui la hausse des carburants se répercute sans substitution possible.

Des prévisions relevées pour la fin d’année

Les instituts divergent sur l’ampleur du phénomène. Pour l’ensemble de 2026, l’Insee table sur une inflation harmonisée de 2,3 %, quand la Banque de France a relevé sa prévision à 2,5 %. L’institution monétaire lie une part de l’écart aux hydrocarbures.

La trajectoire dépendrait largement de l’évolution des cours pétroliers. Un reflux rapide des prix des hydrocarbures ramènerait l’inflation vers 2,3 % en 2026, selon les scénarios de la Banque de France. À l’inverse, une aggravation des tensions énergétiques la maintiendrait à 2,7 %, voire 4 % dans l’hypothèse la plus défavorable.

Les chiffres définitifs de l’inflation d’août doivent être publiés par l’Insee le 15 septembre. La prochaine estimation provisoire, portant sur septembre, est attendue à la fin du mois.

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Jacques CARLES