Sénatoriales du 27 septembre le renouvellement de 178 sièges s’ouvre à un an de la présidentielle

Les Français ne votent pas, mais 93 469 grands électeurs désigneront le 27 septembre 2026 la moitié du Sénat, soit 178 des 348 sièges de la Haute Assemblée, dans 63 départements et pour la moitié des élus des Français de l’étranger. Le dépôt des candidatures court du 7 au 11 septembre.

Ce scrutin de la série 2 intervient à un an de la campagne présidentielle de 2027, ce qui lui confère un poids politique particulier. Depuis 2022, le Sénat s’est imposé comme le pôle parlementaire le plus stable, obligeant les gouvernements successifs à négocier avec ses composantes faute de majorité claire à l’Assemblée nationale. Le renouvellement du 27 septembre testera la solidité de la majorité de droite et du centre.

Un scrutin indirect à deux modes de vote

Le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans. Cette année, la série 2 remet en jeu 178 sièges. Le corps électoral est composé à 95,2 % de délégués des conseils municipaux, selon le décompte publié par NosParlementaires, qui recense 88 937 délégués municipaux sur 93 469 grands électeurs autorisés à voter. Les députés et les élus régionaux et départementaux complètent ce collège. Cette architecture donne aux communes rurales un poids déterminant, ce qui explique l’ancrage historique de la droite et du centre dans la chambre haute.

Deux modes de scrutin coexistent. Dans les 30 circonscriptions élisant trois sénateurs ou plus, 119 sièges sont attribués à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. Dans les 34 circonscriptions élisant un ou deux sénateurs, 59 sièges se jouent au scrutin majoritaire à deux tours. Les candidats doivent avoir au moins 24 ans et déposer leur candidature jusqu’au vendredi 11 septembre à 18 heures.

La majorité de droite et du centre en jeu

La majorité sénatoriale sortante repose sur les 131 sièges du groupe Les Républicains et les 59 de l’Union centriste, soit 190 sièges sur 348, dont 107 sont renouvelables. Le groupe LR, présidé par Mathieu Darnaud, reste l’épine dorsale de cette coalition, qui a permis à Gérard Larcher de présider le Sénat depuis 2014.

Les Républicains devront défendre plusieurs positions face à la poussée du Rassemblement national dans les Alpes-Maritimes, le Var et le Vaucluse, relève la Fondation Jean-Jaurès dans une note consacrée au scrutin. Selon cette analyse, « ces élections sénatoriales pourraient bien être porteuses de significations particulières » à l’approche de 2027.

Le Parti socialiste menacé sur sa deuxième place

Le Parti socialiste aborde le scrutin en position défensive. Son groupe compte 64 sénateurs, dont une trentaine renouvelables, et sort fragilisé de pertes municipales enregistrées notamment en Gironde, dans le Finistère et les Bouches-du-Rhône, selon la Fondation Jean-Jaurès. L’Union centriste, qui progresse régulièrement, vise sa deuxième place.

Son président, Hervé Marseille, a estimé que son groupe pourrait « chiper la place de second groupe du Sénat » au PS, rapporte Public Sénat. Les socialistes contestent ce pronostic et misent sur leur implantation locale pour limiter les pertes. L’écart entre les deux formations, de cinq sièges avant le vote, pourrait se resserrer selon les résultats du 27 septembre.

Le Rassemblement national à la recherche d’un groupe

Le Rassemblement national vise l’obtention d’au moins dix sénateurs, seuil requis pour constituer un groupe parlementaire à la Haute Assemblée. Le parti n’en compte aujourd’hui que trois. Une percée lui permettrait de disposer, pour la première fois, d’un groupe au Sénat, capitalisant sur ses gains lors des dernières municipales.

Le résultat resterait toutefois sans effet immédiat sur la majorité de la chambre, jugée large par les projections. La présidence du Sénat devrait rester acquise à Gérard Larcher, réélu à quatre reprises depuis 2014. Une semaine après le scrutin, les sénateurs éliront leur président, avant que la session ordinaire ne s’ouvre le 1er octobre à l’Assemblée nationale, qui n’a pas siégé en session extraordinaire cet été.

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Jacques CARLES