L’association SOS Racisme a dévoilé les résultats d’une campagne nationale de testing menée en juillet 2026, révélant des pratiques discriminatoires fondées sur l’origine ethnique dans deux établissements de l’Hérault. Les vidéos du testing ont été visionnées par France 3 Occitanie, qui a confirmé les faits.
Un testing organisé à l’échelle nationale
Pour cette opération, SOS Racisme a envoyé des groupes de testeurs dans plusieurs dizaines d’établissements du littoral méditerranéen et atlantique. Dans l’Hérault, deux lieux ont été particulièrement ciblés. Une discothèque a opposé un « C’est complet » aux testeurs issus de minorités visibles, alors que des places restaient disponibles pour leurs homologues présentés comme blancs. Une plage privée a reproduit le même schéma, refusant l’accès à « la première ligne de mer » à des testeurs en raison de leur apparence.
Des pratiques documentées sur vidéo
Les enregistrements réalisés lors du testing ont été transmis aux autorités judiciaires. La discrimination à l’accès aux lieux publics en raison de l’origine est passible, en France, d’une peine de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, selon l’article 225-2 du Code pénal. SOS Racisme a indiqué avoir déposé plainte contre les deux établissements héraultais identifiés dans son rapport.
Un phénomène persistant malgré la législation
Cette révélation survient alors que les discriminations à l’entrée des boîtes de nuit font l’objet d’une surveillance accrue depuis la loi Égalité et Citoyenneté de 2017. Pourtant, selon le Défenseur des droits, la discrimination raciale à l’entrée des établissements de nuit demeure l’une des formes de discrimination les plus fréquemment signalées, représentant environ 12 % des saisines liées au racisme et à l’ethno-racisme enregistrées en 2025.
L’Hérault, terrain de l’enquête estivale
Le choix de l’Hérault n’est pas anodin pour SOS Racisme : le département concentre une forte activité touristique estivale sur son littoral (Cap d’Agde, La Grande-Motte, Palavas-les-Flots), attirant chaque été plusieurs millions de visiteurs. Plusieurs plaintes pour discrimination avaient déjà été déposées dans le secteur ces dernières années, sans que des condamnations notables n’en résultent.
La réaction des autorités
Les responsables des deux établissements visés n’avaient pas répondu aux sollicitations de la presse à la date de publication de cet article. La préfecture de l’Hérault a indiqué que les forces de l’ordre et les services de l’État « examineront les plaintes avec la plus grande attention ». La ministre déléguée à l’Égalité, interpellée sur le sujet lors d’un déplacement à Montpellier le 28 juillet, a qualifié les pratiques décrites de « totalement inacceptables ».
Un programme de testing qui se poursuit
SOS Racisme a annoncé que les opérations de testing se poursuivront tout l’été dans plusieurs régions françaises, avec l’intention de publier de nouveaux rapports en août. L’association demande au Parlement de renforcer les pouvoirs des agents de contrôle de l’État en matière de discrimination à l’accès aux lieux de loisirs, notamment en permettant des contrôles inopinés sans signalement préalable des victimes.

