La production manufacturière française a reculé de 1,0 % en mai 2026 par rapport à avril, a annoncé l’Insee le 3 juillet, un repli tiré par l’automobile et les biens d’équipement qui interrompt deux mois consécutifs de progression.
Le chiffre confirme le caractère heurté de la reprise industrielle, alors que l’ensemble de l’industrie, énergie comprise, limite sa baisse à 0,1 % sur le mois. La divergence entre les deux indicateurs illustre la fragilité d’un secteur manufacturier qui peine à enchaîner les mois de hausse.
Un repli concentré sur les transports et les biens d’équipement
Selon l’Insee, la baisse touche la quasi-totalité des grandes branches. « En mai 2026, après deux mois de hausse, la production se replie nettement dans l’industrie manufacturière », indique le communiqué de l’institut. La fabrication de matériels de transport chute de 2,8 %, après une hausse de 3,3 % en avril, et celle de biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques recule de 2,3 %.
Le décrochage est plus marqué encore au sein de ces branches, avec un repli de 6,6 % pour l’automobile et de 4,6 % pour les biens d’équipement. La cokéfaction et le raffinage plongent de leur côté de 9,0 %, « du fait d’un arrêt pour maintenance », précise l’Insee, une baisse ponctuelle qui pèse mécaniquement sur l’agrégat mensuel.
Une contraction moins forte que prévu
Le recul de la production industrielle globale reste inférieur aux anticipations. Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur une baisse de 0,4 %, contre 0,1 % constaté, un écart qui tempère la lecture négative du mois. La rechute du seul secteur manufacturier, plus sévère, ramène toutefois l’attention sur la demande adressée aux usines françaises, intérieure comme étrangère.
Le contraste avec avril est net : le mois précédent, la production manufacturière avait progressé de 0,6 %, prolongeant une séquence de rebond. L’alternance de mois de hausse et de baisse depuis le début de l’année traduit l’absence de dynamique installée, chaque acquis mensuel étant régulièrement effacé le mois suivant.
Une trajectoire annuelle qui reste positive
Sur une base plus large, la tendance demeure orientée à la hausse. « La production cumulée des trois derniers mois (mars à mai 2026) est supérieure de 2,4 % à celle des trois mêmes mois de l’année précédente », relève l’Insee pour l’ensemble de l’industrie, un rythme de 2,2 % pour la seule industrie manufacturière.
Ce glissement annuel positif masque des situations très contrastées d’une branche à l’autre. Sur trois mois glissants comparés à 2025, les matériels de transport progressent de près de 11 % et le raffinage de plus de 15 %, quand l’agroalimentaire recule légèrement. La photographie d’ensemble reste celle d’une industrie qui gagne du terrain sur un an tout en avançant par à-coups.
L’énergie amortit la baisse d’ensemble
Le repli manufacturier a été partiellement compensé par un rebond de la production d’énergie, en hausse de 3,2 % sur le mois, lié à des variations de température. Cet apport explique l’essentiel de l’écart entre la baisse de 1,0 % du manufacturier et le repli limité à 0,1 % de l’industrie prise dans son ensemble.
La construction a de son côté rebondi de 1,2 % en mai, après un léger recul en avril, mais reste inférieure de 2,3 % à son niveau d’un an plus tôt, signe que le secteur du bâtiment n’a pas encore effacé son affaissement. Ce rebond mensuel, comme celui de l’énergie, tient davantage à des facteurs techniques ou climatiques qu’à un raffermissement de la demande, ce qui invite à ne pas surinterpréter le repli contenu de l’industrie prise dans son ensemble.
Le résultat de mai s’inscrit dans un environnement où la consommation des ménages et l’investissement des entreprises restent hésitants, deux moteurs dont dépend directement le carnet de commandes des usines. La prochaine estimation de la production industrielle, portant sur le mois de juin, sera publiée par l’Insee début août et permettra de mesurer si le repli de mai relève du contrecoup ponctuel ou d’un essoufflement plus durable.

