Les Français se disent de plus en plus inquiets de la dette publique et plus critiques à l’égard des dépenses sociales, selon le Baromètre d’opinion de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), rendu public le 6 juillet 2026.
La photographie tranche avec les enquêtes des années précédentes. Réalisé en face-à-face auprès de 4 000 personnes entre le 13 octobre et le 19 décembre 2025, ce baromètre annuel, conduit depuis 2000, montre une opinion partagée entre deux exigences difficilement conciliables, réduire le déficit de la Sécurité sociale ou préserver le niveau des remboursements et des prestations.
Une inquiétude sur la dette au plus haut depuis 2015
Fin 2025, 70 % des personnes interrogées se déclaraient « très » ou « assez » inquiètes de la dette publique de la France, contre 52 % en 2023, d’après la DREES. Le service statistique des ministères sociaux situe ce niveau au plus haut depuis 2015.
Cette inquiétude accompagne un regard plus sévère sur le coût de la protection sociale. La part des Français jugeant qu’il est « plus important de réduire le déficit de la Sécurité sociale que de maintenir le niveau actuel des prestations sociales et des remboursements d’assurance maladie » atteint 48 % en 2025, contre 40 % en 2023, un maximum depuis 2015 selon l’organisme.
Un système jugé trop coûteux et mal géré
Le baromètre relève que 71 % des personnes interrogées estiment que la Sécurité sociale « coûte trop cher à la société », contre 63 % en 2023. Plus de huit Français sur dix considèrent par ailleurs que les dépenses de santé sont trop élevées « parce que le système est mal géré », pointe la DREES.
La critique porte davantage sur la gestion que sur le principe même de la protection sociale. La part de ceux qui jugent que la France consacre une « part excessive » de son revenu national à la protection sociale progresse néanmoins, passant de 17 % en 2023 à 25 % en 2025.
Des priorités familiales qui se déplacent
L’enquête, qui suit chaque année l’opinion des Français sur la santé, la protection sociale et les inégalités, met aussi en lumière un glissement des attentes en matière de politique familiale.
Interrogés sur les objectifs à privilégier, les répondants placent désormais l’autonomie des jeunes à 25 %, contre 17 % en 2019, et le soutien à la natalité à 19 %, contre 8 % la même année. À l’inverse, la réduction des écarts de revenus recule à 19 %, contre 32 % auparavant, tandis que la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle passe de 36 % à 29 %.
- 70 % d’inquiets sur la dette publique fin 2025, contre 52 % en 2023
- 48 % priorisent la réduction du déficit de la Sécu, contre 40 % en 2023
- 71 % jugent la Sécurité sociale trop coûteuse, contre 63 % en 2023
Une lecture à relativiser
Ces résultats ne signifient pas un rejet de la solidarité, nuance la DREES, qui rappelle que l’attachement de fond au système de protection sociale reste élevé dans ses enquêtes. Le durcissement mesuré porterait surtout sur la maîtrise de la dépense et l’efficacité perçue de sa gestion.
Le baromètre, conduit selon la méthode des quotas sur un échantillon représentatif de la population résidant en France métropolitaine, alimente traditionnellement les débats budgétaires de l’automne. Ses données seront versées à la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont l’examen au Parlement est attendu à la rentrée.

