Les cinémas français ont enregistré 90,12 millions d’entrées entre janvier et juin 2026, un niveau proche de son meilleur résultat depuis la pandémie, selon les données du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et le comptage de Boxoffice Pro publié le 2 juillet.
La reprise, amorcée dès l’hiver, s’est confirmée mois après mois. Elle relance un secteur qui cherchait depuis 2020 à renouer avec ses volumes d’avant-crise et interroge la solidité d’un modèle longtemps donné pour fragilisé par les plateformes de streaming.
Un semestre au plus haut depuis la crise sanitaire
Le cumul de 90,12 millions d’entrées sur six mois se situe légèrement en dessous du record post-Covid de 2023, qui avait atteint 91,2 millions sur la même période, d’après Boxoffice Pro. Il reste toutefois inférieur d’environ 13,8 % à la moyenne des années 2017 à 2019, soit 104,5 millions d’entrées, signe que le retour au niveau d’avant-pandémie n’est pas encore acquis.
La dynamique s’est appuyée sur plusieurs mois exceptionnels. Le CNC a recensé 14,97 millions d’entrées en mai 2026, en hausse de 33,2 % sur mai 2025, après un mois d’avril déjà en progression de 35,4 %. Sur les cinq premiers mois, la fréquentation cumulée s’établissait à 77,10 millions d’entrées, en hausse de 20,6 % par rapport à la même période de 2025.
Le détail mensuel montre une accélération continue. Après un mois de janvier à 15,52 millions d’entrées et un février à 17,40 millions, le rythme avait marqué le pas en mars, à 13,19 millions selon le CNC, avant que le printemps ne fasse repartir la fréquentation à la hausse. Le premier trimestre affichait déjà 46,7 millions d’entrées, soit 14,3 % de plus que le début 2025.
Juin freiné par la chaleur avant un sursaut
Le mois de juin a marqué un léger tassement du rythme, avec 13,04 millions d’entrées, en progression de 14,6 % sur un an. Il s’agit du deuxième meilleur mois de juin depuis la fin de la pandémie, derrière les 14,1 millions de juin 2024, selon Boxoffice Pro.
Le début du mois aurait pâti des fortes chaleurs, avant que la sortie mi-juin de plusieurs titres attendus et la Fête du cinéma ne relancent l’activité. Le média spécialisé note que « le début du mois a été relativement calme en raison des températures élevées », la fréquentation repartant une fois les grosses sorties installées en salles.
Familles et franchises en tête des entrées
Le classement de juin illustre le poids des films familiaux et des franchises. Toy Story 5 a dominé avec près de 2 millions d’entrées, devant La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer à 1,3 million et Obsession à 1,2 million. Des Minions et des monstres a réuni environ 970 000 spectateurs.
Le film français en position de force
Sur les cinq premiers mois de l’année, la part de marché des films français était estimée à 44,4 %, contre 45,0 % pour les productions américaines et 10,6 % pour les autres cinématographies, selon le CNC. Un écart resserré qui confirme la capacité du cinéma national à peser dans une année portée par les blockbusters internationaux, la France demeurant le premier marché du cinéma en Europe.
Cette santé relative contraste avec le bilan de l’année 2025, que le CNC avait qualifié de saison « en demi-teinte » avec près de 157 millions d’entrées sur l’ensemble de l’exercice. Le rebond de 2026 s’explique en partie par un calendrier de sorties plus fourni, plusieurs suites de franchises très attendues étant programmées sur les premiers mois de l’année.
Un été décisif pour confirmer la tendance
La suite de l’année dira si cette reprise se transforme en redressement durable. Les résultats de juillet et août, traditionnellement marqués par les sorties grand public et par la concurrence des activités estivales, seront scrutés pour mesurer si le seuil des 90 millions d’entrées atteint à mi-parcours peut se prolonger. Le CNC publiera son prochain point de fréquentation dans les premiers jours d’août.

