L’activité du secteur privé français cesse presque de reculer en juillet, portée par les services

L’activité du secteur privé français a quasiment cessé de reculer en juillet, l’indice PMI composite de S&P Global remontant à 49,6 contre 47,2 en juin, son meilleur niveau depuis cinq mois, selon l’estimation flash publiée vendredi 24 juillet.

L’indicateur reste sous la barre des 50 qui sépare croissance et contraction, mais il traduit un net ralentissement de la baisse d’activité. Le redressement vient des services, alors que l’industrie manufacturière marque de nouveau le pas, dans un climat international incertain.

Les services renouent avec la demande

L’indice des services s’est établi à 49,8, après 46,8 en juin, un plus haut de sept mois. Selon S&P Global, « la demande pour les services a augmenté pour la première fois depuis novembre dernier », ce qui apporte « une stabilisation à l’économie globale ».

Ce sursaut de la demande, le premier depuis huit mois, suffit à rapprocher le secteur du seuil d’expansion sans le franchir. Il tranche avec les mois précédents, marqués par un recul continu des nouvelles affaires et une confiance des dirigeants au plus bas.

L’industrie manufacturière marque le pas

À l’inverse, l’indice manufacturier est retombé à 50,0, à la limite de la stagnation, après 51,2 en juin. Le repli de la demande industrielle interrompt le léger regain observé au printemps et prive la reprise d’un second moteur.

La divergence entre services et industrie explique pourquoi l’ensemble reste en zone de contraction, même atténuée. Un indice global sous 50 signifie que la production privée continue de se replier, à un rythme simplement moins marqué qu’au premier semestre.

L’emploi privé recule pour le troisième mois

Le marché du travail reste fragile. « L’emploi du secteur privé est resté sous pression et a diminué à nouveau », relève S&P Global, soit un troisième mois consécutif de baisse. Les carnets de commandes se sont eux aussi contractés, pour le quatrième mois d’affilée, signe de capacités inemployées.

L’optimisme des entreprises est demeuré atténué, ce qui limite les perspectives d’embauche à court terme malgré l’amélioration du mois. Les pressions sur les prix ont, elles, continué de refluer pour le deuxième mois de suite.

Une désinflation qui se confirme

Le repli des prix accompagne le tableau. En France, l’inflation est retombée à 1,8 % sur un an en juin, contre 2,4 % en mai, sous l’effet d’un net ralentissement des prix de l’énergie, selon l’Insee. Ce reflux desserre la contrainte sur le pouvoir d’achat et pourrait soutenir la consommation au second semestre.

Les tensions internationales pèsent sur les perspectives

Le contexte géopolitique nourrit toutefois la prudence. « Les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran apportent une nouvelle incertitude concernant l’inflation, les coûts d’emprunt et la géopolitique », avertit S&P Global. La contraction de juillet serait néanmoins la plus modérée depuis le début de ces tensions, en février.

Les chiffres définitifs de l’enquête, attendus début août, préciseront si ce redressement des services amorce une véritable inflexion ou une simple pause dans le repli.

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Jacques CARLES