À Grand, dans les Vosges, une fouille tente de percer le mystère du bâtiment antique aux 500 dés

Une campagne de fouilles menée cet été à Grand, dans les Vosges, s’attache à comprendre la fonction d’une petite construction antique autour de laquelle plus de 500 dés à jouer en os ont été mis au jour, selon Vosges Télévision et le réseau d’information VosgesInfo, qui rapportaient l’avancée du chantier le 20 juillet 2026.

La découverte intrigue d’autant plus qu’elle constituerait, d’après les archéologues cités par ces médias, la plus importante collection de dés de l’Antiquité jamais exhumée. Le site de Grand, connu pour sa basilique et sa mosaïque monumentale, figure parmi les grandes agglomérations gallo-romaines de l’est de la Gaule, et cette concentration d’objets ludiques relance les interrogations sur les usages de ce quartier antique.

Un petit bâtiment aux fonctions incertaines

La construction étudiée mesure environ 4,50 mètres de long sur 3,80 mètres de large, selon les descriptions publiées par Vosges Télévision. Implantée le long d’une voie orientée est-ouest, elle a conservé des murs ornés de peintures murales rouges reposant sur une plinthe jaune, indice d’un aménagement soigné.

Sa vocation reste toutefois énigmatique. Les chercheurs envisagent plusieurs pistes : la construction aurait pu abriter « un atelier de fabrication de dés à jouer, un sanctuaire ou encore un espace dédié aux jeux placé sous la protection d’une divinité », rapporte Vosges Télévision. Aucune de ces hypothèses n’a, à ce stade, été tranchée.

Une concentration d’objets remarquable

Autour du bâtiment, les sols ont livré un ensemble d’objets caractérisé par sa diversité. Outre les quelque 500 dés en os, les fouilleurs ont recensé des clous de chaussure, des fragments de vaisselle, des ossements animaux, des éléments de parure comme des fibules, des monnaies en bronze et des aiguilles à chas, énumèrent VosgesInfo et Vosges Télévision.

Au nord de la construction, une conduite hydraulique dotée de frettes en fer a également été dégagée, selon Vosges Télévision. Cet équipement témoignerait d’un aménagement du secteur plus élaboré qu’une simple zone d’habitat, sans que sa destination précise ait encore été établie.

Un chantier dirigé par un conservateur du Musée d’archéologie nationale

Les fouilles sont dirigées par Thierry Dechezleprêtre, conservateur en chef chargé des collections de la Gaule romaine au Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, précisent les deux médias vosgiens. Une quinzaine d’étudiants en archéologie, issus de plusieurs universités françaises, participent à la campagne.

L’opération s’inscrit dans un programme engagé en 2022 aux abords de la basilique et de sa mosaïque, qui visait à relocaliser des vestiges explorés dans les années 1960 et à en reprendre l’étude, selon le média 100% Vosges. Le chantier est organisé par le Conseil départemental des Vosges avec le soutien financier du ministère de la Culture, via la direction régionale des affaires culturelles du Grand Est.

Une ouverture au public jusqu’à la fin juillet

Le chantier est accessible aux visiteurs jusqu’au 30 juillet, du lundi au vendredi, indiquent VosgesInfo et Vosges Télévision. Les campagnes conduites depuis plusieurs années à Grand ont progressivement documenté l’organisation de cette agglomération antique, dont la fonction et l’ampleur continuent d’être précisées au fil des découvertes.

Grand, un site majeur de la Gaule romaine

Réputé pour sa basilique civile et sa vaste mosaïque, le site archéologique de Grand demeure l’un des ensembles gallo-romains les plus étudiés de la région. La mise au jour d’un tel corpus de dés, associé à un mobilier varié, apporterait de nouveaux éléments sur la vie quotidienne et, peut-être, sur les pratiques ludiques ou cultuelles de cette agglomération de l’est de la Gaule.

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Jacques CARLES