Le déficit commercial français se réduit à 5,8 milliards d’euros en juin

Le déficit du commerce extérieur de la France s’est établi à 5,8 milliards d’euros en juin 2026, en recul de 1,9 milliard sur un mois, selon les données publiées le 7 août par les Douanes françaises. Un repli plus marqué que prévu, porté par la baisse des prix de l’énergie et le redressement des exportations aéronautiques.

Le chiffre a surpris les analystes, qui tablaient sur un déficit d’environ 6,5 milliards d’euros. Il marque une amélioration nette après un mois de mai dégradé et illustre la sensibilité persistante de la balance française aux cours du pétrole et aux livraisons d’avions.

Une amélioration de 1,9 milliard en un mois

Selon les Douanes, le solde commercial s’est amélioré de 1,9 milliard d’euros entre mai et juin. Cette évolution s’explique par une double dynamique, à savoir une hausse des exportations de 1,3 milliard d’euros et une baisse des importations de 0,5 milliard sur le mois.

Les exportations ont été tirées par les équipements de transport, en particulier les produits de l’industrie aéronautique et spatiale, en progression de 0,4 milliard d’euros. Les livraisons d’énergie ont ajouté 0,3 milliard, tandis que les équipements mécaniques, électroniques et informatiques et les autres produits industriels ont chacun contribué à hauteur de 0,2 milliard. Les exportations pharmaceutiques ont en revanche reculé de 0,3 milliard.

La facture énergétique en repli

Côté importations, le recul de 0,5 milliard d’euros tient largement à la baisse des achats d’énergie, en repli de 0,5 milliard dans un contexte de détente des prix du pétrole et du gaz. Les importations d’équipements de transport ont également diminué de 0,6 milliard d’euros.

L’énergie reste au cœur du déséquilibre chronique du commerce extérieur français. La France affiche un solde commercial déficitaire chaque mois depuis mai 2004, les importations de produits énergétiques pesant structurellement sur ses comptes. Le reflux des cours observé au printemps offre un répit ponctuel, sans corriger le déséquilibre de fond.

Un déficit annuel qui continue de se résorber

Sur les douze mois écoulés à fin juin, le déficit commercial cumulé s’établit à 59,8 milliards d’euros. Le chiffre poursuit sa décrue après 65,4 milliards d’euros sur l’ensemble de 2025 et 78,4 milliards en 2024. En deux ans, le déficit annuel se serait ainsi allégé de près de 19 milliards d’euros.

Cette trajectoire traduit à la fois la baisse de la facture énergétique depuis les pics de 2022 et 2023 et la résilience de certaines exportations industrielles, aéronautique en tête. Elle demeure toutefois exposée aux aléas des livraisons d’avions, qui peuvent faire varier fortement le solde d’un mois sur l’autre.

Les États-Unis, un débouché scruté

Dans son commentaire, la direction générale des Douanes a relevé un point notable sur les échanges avec les États-Unis. Les exportations françaises outre-Atlantique « ont globalement subi une baisse moins importante que celles de ses principaux partenaires européens », observe l’administration, dans un environnement commercial marqué par les tensions tarifaires.

Ce constat intervient alors que les entreprises exportatrices restent attentives à l’évolution des barrières douanières américaines. Le marché américain constitue l’un des principaux débouchés hors Union européenne pour l’industrie française, notamment dans l’aéronautique, le luxe et la pharmacie.

Le compte courant reste dans le rouge

Au-delà des seuls biens, le solde des transactions courantes, publié par la Banque de France, affiche un déficit de 1,4 milliard d’euros en juin, contre 1,2 milliard en mai. Cet indicateur, plus large, intègre les échanges de services, les revenus et les transferts courants, en complément de la balance des marchandises.

La légère dégradation du compte courant contraste avec l’amélioration du solde commercial, signe que le redressement des échanges de biens ne suffit pas encore à équilibrer l’ensemble des flux extérieurs de l’économie française. Les prochaines données douanières, attendues en septembre, permettront de mesurer si la tendance de juin se confirme.

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Jacques CARLES