Dassault Aviation a annoncé mardi 22 juillet 2026 un chiffre d’affaires de 4,16 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 45% sur un an, une progression que le constructeur attribue à l’accélération des livraisons de Rafale à l’export et à l’avancement de plusieurs programmes de développement.
La publication place l’avionneur du Bourget parmi les industriels de la défense les plus dynamiques de la place parisienne, dans un contexte de tensions géopolitiques et de commandes militaires soutenues. Le groupe a confirmé l’ensemble de ses objectifs pour l’exercice 2026, tout en signalant un net ralentissement de ses prises de commandes après une année 2025 exceptionnelle.
Un bénéfice en hausse et une trésorerie abondante
Le résultat net du semestre s’établit à 360 millions d’euros, en progression de près de 8% par rapport à la même période de 2025, selon le communiqué du groupe relayé par Boursorama. Le résultat opérationnel a bondi de 83%, à 330 millions d’euros, selon les données rapportées par TradingSat.
La trésorerie disponible atteignait 10,099 milliards d’euros au 30 juin 2026, d’après les chiffres consolidés publiés par abcbourse. Cette réserve financière donne au groupe une large marge de manœuvre pour financer ses programmes de recherche et absorber la montée en cadence de sa production.
Le Rafale à l’export moteur de la croissance
Entre janvier et juin, Dassault Aviation a livré 12 Rafale, dont 10 destinés à l’export et 2 à la France, ainsi que 13 avions d’affaires Falcon, selon le constructeur. Ce sont les six livraisons supplémentaires de Rafale Export par rapport au premier semestre 2025 qui expliquent l’essentiel de la hausse du chiffre d’affaires.
Le carnet de commandes demeurait solide au 30 juin, à 45,4 milliards d’euros, contre 46,6 milliards fin 2025. Il comprenait 291 appareils, dont 208 Rafale et 83 Falcon, ce qui assure au groupe plusieurs années de charge de travail. Le segment des avions d’affaires a par ailleurs redémarré, avec 23 commandes nettes de Falcon enregistrées sur le semestre, contre huit un an plus tôt.
Des prises de commandes en fort recul
Les prises de commandes du semestre ne se sont élevées qu’à 2,9 milliards d’euros, contre 8,1 milliards un an auparavant. Ce repli doit toutefois être remis en perspective, le premier semestre 2025 ayant été marqué par une commande exceptionnelle de 26 Rafale Marine passée par l’Inde.
Cette base de comparaison élevée illustre la volatilité inhérente au secteur, où quelques contrats majeurs peuvent faire varier fortement les agrégats d’un exercice à l’autre. La question de la reconstitution du flux de commandes reste centrale pour la visibilité du groupe au-delà de 2026.
L’Inde et le futur avion de combat en ligne de mire
Le président-directeur général Éric Trappier a présenté comme l’un des faits marquants du semestre «la décision des autorités indiennes d’acquérir 140 Rafale», lors d’une conférence de presse consacrée aux résultats. «Les discussions sont en cours pour la finalisation d’un contrat», a-t-il ajouté, sans avancer de calendrier précis.
Le dirigeant a également évoqué le successeur du programme d’avion de combat européen. Des discussions seraient en cours pour «lancer une alternative avec la France», d’abord «franco-français dans un premier temps». «Le but est de faire un démonstrateur basé sur les besoins français, qui pourrait voler au début des années 2031-32», a précisé M. Trappier.
Des objectifs annuels confirmés
Pour l’ensemble de l’exercice 2026, Dassault Aviation vise un chiffre d’affaires en hausse par rapport à 2025, autour de 8,5 milliards d’euros, sur la base d’un objectif de 28 Rafale et 40 Falcon livrés. La trajectoire suppose une accélération marquée des livraisons au second semestre, la moitié seulement de l’objectif Falcon ayant été atteinte à fin juin.
La capacité du groupe à tenir ce rythme dépendra notamment de sa chaîne d’approvisionnement et de la montée en puissance de ses sites de production, alors que la demande mondiale d’appareils de combat reste soutenue par les budgets de défense en hausse.

