Les créations d’entreprises reculent de 2,2 % en juin 2026 après le rebond de mai

Le nombre de créations d’entreprises en France a diminué de 2,2 % en juin 2026 par rapport à mai, selon les données corrigées publiées par l’Insee dans son Informations rapides n°170. Ce repli suit une hausse marquée le mois précédent.

Ce chiffre est scruté parce qu’il sert de baromètre de la dynamique entrepreneuriale et de la confiance des indépendants dans la conjoncture. Une inflexion mensuelle interroge la solidité d’une tendance restée jusqu’ici nettement orientée à la hausse sur un an.

Un recul qui efface une partie du rebond de mai

Selon l’Insee, le nombre total de créations d’entreprises, tous types confondus et en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, a reculé de 2,2 % en juin, après une progression de 10,6 % en mai. L’institut décrit un mouvement qui « se replie partiellement » après le bond du mois précédent, sans effacer l’ensemble des gains enregistrés au printemps.

Au total, 107 856 entreprises ont été créées sur le mois, une majorité relevant du régime de la micro-entreprise. Le repli de juin apparaît ainsi comme une correction après un mois de mai atypiquement dynamique, plutôt que comme un retournement de tendance confirmé à ce stade. La forte progression de mai avait suivi une série de mois plus heurtés, ce qui incite l’institut à privilégier la lecture en cumul plutôt que le seul écart d’un mois sur l’autre, particulièrement volatil pour les créations d’entreprises.

Les micro-entrepreneurs entraînent la baisse

Le détail par catégorie montre que les immatriculations de micro-entrepreneurs, moteur habituel des créations, ont diminué de 3,1 % en juin, après une hausse de 13,5 % en mai. Les créations d’entreprises individuelles classiques ont reculé de 2,7 %, après 8,6 % de progression le mois précédent.

Les créations de sociétés ont continué de progresser, mais à un rythme ralenti, avec une hausse de 0,7 % après 3,6 %. Cette divergence indique que le fléchissement de juin tient d’abord au segment des indépendants et des micro-entreprises, plus sensible aux variations de court terme, tandis que la création de sociétés, souvent liée à des projets plus structurés, reste positive.

Le régime du micro-entrepreneur, instauré en 2009, pèse depuis plusieurs années pour une large part des immatriculations mensuelles, ce qui explique qu’un simple recul de cette catégorie suffise à faire basculer le total dans le rouge. À l’inverse, la résistance des sociétés suggère que les porteurs de projets les plus engagés n’ont pas marqué le pas au mois de juin.

Des évolutions sectorielles contrastées

Par secteur, l’Insee relève un net décrochage dans l’information et la communication, en baisse de 10,4 % après une envolée de 25 % en mai. Les services aux ménages reculent de 3,6 % et les activités de soutien aux entreprises de 3,3 %, deux ensembles qui avaient également fortement progressé le mois précédent.

À l’inverse, la construction poursuit sa hausse, avec une progression de 5,2 % après 2,8 %, tout comme le transport et l’entreposage, en augmentation de 2,5 %. Ces écarts confirment que le repli global masque des trajectoires sectorielles hétérogènes, une partie de l’économie continuant de générer de nouvelles immatriculations.

Une tendance annuelle qui reste solide

Malgré le tassement mensuel, l’Insee souligne qu’en données brutes, le nombre total d’entreprises créées sur les douze derniers mois, de juillet 2025 à juin 2026, progresse fortement, de 11,1 % par rapport à la même période un an plus tôt. Le cumul annuel demeure donc nettement orienté à la hausse.

Cette lecture longue tempère la portée du recul de juin, mesuré d’un mois sur l’autre et sujet à des variations importantes. Reprise par l’AFP le 22 juillet, la publication de l’institut alimente le débat sur la robustesse du tissu entrepreneurial français, alors que le poids des micro-entreprises dans les créations reste déterminant. La prochaine estimation mensuelle de l’Insee, portant sur juillet, précisera si ce repli constitue une simple correction ou l’amorce d’un ralentissement plus durable.

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Jacques CARLES