La fréquentation des salles de cinéma françaises a atteint 90,11 millions d’entrées sur les six premiers mois de 2026, en hausse de 19,7 % par rapport au premier semestre 2025, selon les chiffres publiés le 3 juillet par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
Ce niveau place le premier semestre 2026 parmi les meilleurs enregistrés depuis la pandémie, juste derrière celui de 2023 et ses 91,2 millions d’entrées, mais devant 2024. Après deux années de reprise heurtée, le retour des spectateurs dans les salles se confirme mois après mois et redonne de l’air à une filière fragilisée depuis 2020.
Un semestre parmi les plus forts depuis 2020
Le CNC recense 90,11 millions d’entrées entre janvier et juin 2026. La progression atteint 19,7 % sur un an et 5,1 % par rapport à la même période de 2024, indique le communiqué de l’établissement public. Le mois de juin a rassemblé à lui seul 13,04 millions de spectateurs, soit une hausse de 14,6 % comparée à juin 2025, ce qui en fait le deuxième meilleur mois de juin depuis 2013 selon le CNC.
Sur douze mois glissants, de juillet 2025 à juin 2026, la fréquentation s’établit à 170,96 millions d’entrées, un chiffre quasi stable (-0,1 %) par rapport à la période précédente. L’écart avec le rebond du premier semestre s’explique par une seconde moitié 2025 plus terne, désormais compensée par le dynamisme de 2026.
Un début d’année tiré par des sorties variées
La reprise ne repose pas sur un seul film. Dans son bilan semestriel publié le 22 juillet, le média professionnel Boxoffice Pro souligne « un retour à un bon équilibre entre succès français et américains », avec de nombreux titres contribuant à la performance d’ensemble plutôt qu’une poignée de locomotives.
Selon ce bilan, dix-sept nouveautés ont dépassé le million d’entrées au premier semestre, cumulant environ 38 millions de billets vendus, un total supérieur à celui du premier semestre 2025 mais inférieur aux 45,8 millions atteints en 2023. Boxoffice Pro relève par ailleurs une reprise plus marquée chez les femmes et parmi les 35-59 ans, une tranche d’âge historiquement moins présente dans les salles.
Le cinéma français retrouve un équilibre
La répartition entre productions nationales et étrangères illustre ce rééquilibrage. Sur les six premiers mois de 2026, les films français représentent 42,5 % des entrées, contre 47,5 % pour les films américains, d’après les données du CNC.
Cette proximité entre les deux parts de marché tranche avec les saisons où le box-office dépendait presque exclusivement des blockbusters hollywoodiens. Elle traduit la capacité du cinéma français à mobiliser un public large sur des genres variés, condition d’une fréquentation moins exposée aux aléas d’une seule grande sortie.
Une reprise qui reste à consolider
Le rebond de 2026 intervient après des exercices contrastés. La fréquentation annuelle française avait totalisé environ 156 millions d’entrées en 2025, un niveau encore inférieur aux volumes d’avant 2020. Le premier semestre 2026, avec ses 90,11 millions d’entrées, dépasse déjà à lui seul l’ensemble du premier semestre 2025 et ses 75,31 millions, selon le CNC.
Cette accélération redonne des marges aux exploitants, dont les recettes de billetterie conditionnent l’entretien des salles et la diversité de la programmation. Elle reste toutefois suspendue à la solidité du calendrier de sorties du second semestre, plusieurs professionnels rappelant qu’un début d’année porteur ne garantit pas mécaniquement une année pleine à la hauteur.
Un été qui prolonge la dynamique
Le mois de juin a été porté par « les excellentes performances de la Fête du cinéma », organisée du 28 juin au 1er juillet, qualifiée par le CNC de deuxième meilleur résultat pour cette opération sous sa formule de quatre jours. L’élan s’est prolongé en juillet, marqué par plusieurs démarrages massifs qui devraient encore gonfler les cumuls estivaux.
Les prochains chiffres mensuels du CNC, attendus début août, préciseront si la trajectoire du premier semestre s’est maintenue pendant la période estivale, traditionnellement décisive pour l’équilibre annuel des exploitants.

