Au château de Pierre-Percée, une stèle funéraire relance la quête de la chapelle disparue

De nouvelles fouilles menées par l’Inrap au château de Pierre-Percée, en Meurthe-et-Moselle, ont mis au jour un fragment inédit de stèle funéraire susceptible de localiser la chapelle disparue de cette place forte médiévale du comté de Salm.

L’opération, prescrite par le service régional de l’archéologie de la DRAC Grand Est, accompagne le projet d’ouverture du site au public porté par la Communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges. Elle prolonge une première intervention conduite en 2020 sur ces ruines classées, où les archéologues avaient déjà exhumé plus de vestiges que prévu. Les résultats livrés en 2026 éclairent l’organisation d’un des plus anciens châteaux défensifs du massif vosgien.

Un fragment de stèle relance la question de la chapelle

Selon l’Inrap, la découverte majeure de cette campagne est un fragment de stèle funéraire jusque-là inconnu sur le site. L’institut avance que cet élément pourrait être rattaché à la chapelle du château, attestée par les sources écrites mais dont l’emplacement n’a jamais été identifié. Le conditionnel s’impose, aucune structure bâtie n’ayant à ce jour confirmé la localisation de cet édifice religieux.

La présence d’un vestige funéraire ouvrirait la voie à l’identification d’un espace de sépulture associé à la vie castrale, question rarement documentée pour les forteresses de hauteur des Vosges. Les archéologues poursuivent l’étude du fragment pour tenter d’en préciser la datation et la fonction.

Le grand puits à l’origine du nom

La campagne a également porté sur le grand puits creusé dans la roche, dégagé après le retrait de la végétation qui le recouvrait. Cet ouvrage serait à l’origine du toponyme « Pierre-Percée ». D’après les recherches historiques relayées par les sources locales, le nom proviendrait « d’un puits profond percé au bas de la falaise ».

Les fouilles ont par ailleurs permis de caractériser et de dater plusieurs composantes du château, parmi lesquelles des escaliers taillés dans la roche, une citerne et divers murs de refend. Un mur repéré au sud, contemporain de l’occupation du château, a constitué une surprise ; sa forme de parapet suggère une construction située autour des XIIIe et XIVe siècles.

Une place forte du comté de Salm

Les origines du château remontent au XIIe siècle. L’édifice présente, selon les travaux historiques régionaux, « toutes les caractéristiques des châteaux défensifs des Vosges, construits de la fin du Xe siècle au début du XIIIe siècle ». Devenu une place forte du comté de Salm, il fut assiégé en 1135-1136 par l’évêque de Metz Étienne de Bar, en conflit avec le comte Hermann II de Salm.

La forteresse fut ensuite démantelée en 1635-1636 sur ordre de Richelieu. Il subsiste aujourd’hui les ruines de l’ancien donjon, des fragments de murs d’enceinte, le puits, des escaliers taillés dans la roche et des cavités. L’ensemble a été classé au titre des monuments historiques en 1981.

Un site rouvert après des années de travaux

Le château a rouvert au public le 21 mai 2026, après environ quatre années de fermeture liées à un vaste chantier de restauration. Selon les autorités locales, l’opération a représenté un investissement de 2 131 759 euros hors taxes, financé notamment par l’État, la Région Grand Est, la commune et un fonds de soutien à l’archéologie doté de 55 042 euros. Le maître d’ouvrage est la Communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, présidée par Claude George.

Les visiteurs empruntent désormais un cheminement sécurisé offrant des vues sur le lac, le village et le plateau lorrain. L’accompagnement archéologique de l’Inrap a permis d’articuler mise en valeur touristique et connaissance scientifique du site, dont plusieurs éléments architecturaux restent à interpréter.

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Jacques CARLES