La vague de chaleur qui a frappé la France du 4 au 15 juillet a placé 95 des 96 départements métropolitains en vigilance orange ou rouge, selon le bilan publié le 16 juillet par Santé publique France. L’agence fait état d’une hausse marquée des recours aux soins liés à la chaleur.
Cet épisode long et intense a concerné 98 % de la population métropolitaine, un niveau d’exposition rarement atteint. Le bulletin de l’agence sanitaire permet d’en mesurer les premières conséquences sur la santé de la population.
Une chaleur d’une intensité rare
Sur l’ensemble de l’épisode, 37 départements ont été placés en vigilance rouge, le niveau maximal, soit 39 % de la population métropolitaine. Selon Météo-France, l’intensité de cette vague de chaleur a dépassé celle de la canicule d’août 2003, restée comme un point de référence en matière de surmortalité.
La durée de l’épisode, plus de dix jours consécutifs, a pesé sur des organismes soumis à des températures élevées de jour comme de nuit. Santé publique France souligne que les expositions répétées à de fortes chaleurs « pourraient accroître la vulnérabilité des populations, notamment les personnes les plus fragiles ».
Les urgences et SOS Médecins sollicités
Les passages aux urgences pour des pathologies liées à la chaleur ont atteint un pic entre le 5 et le 10 juillet, avec 579 passages sur la période, avant de se maintenir autour de 500 par jour du 11 au 13 juillet. Les hospitalisations consécutives à ces passages se sont établies entre 250 et 350 par jour du 6 au 13 juillet.
Les associations SOS Médecins ont enregistré une montée en charge similaire. Le nombre d’actes liés à la chaleur est passé de 133 le 6 juillet à un pic de 235 le 13 juillet. Près des deux tiers de ces appels concernaient des personnes de moins de 45 ans, signe que la chaleur n’a pas touché que les publics habituellement les plus surveillés.
Les personnes âgées en première ligne
Le bilan confirme la surexposition des aînés. Plus de la moitié des passages aux urgences liés à la chaleur concernaient des personnes de 75 ans et plus, population la plus exposée aux complications en période de fortes températures. Ce constat rejoint les enseignements des canicules précédentes.
Un bilan encore provisoire
Les chiffres publiés portent sur le recours aux soins et non sur la mortalité, dont l’estimation définitive interviendra plus tard. L’agence n’a pas encore communiqué de bilan consolidé du nombre de décès attribuables à l’épisode.
Une vigilance qui se prolonge
Si les températures se sont assagies après le 15 juillet, Santé publique France maintient ses messages de prévention pour le reste de l’été. Un nouveau bulletin doit préciser, dans les prochaines semaines, l’ampleur de la surmortalité associée à la vague de chaleur.

