Un groupe sculpté d’Asklépios mis au jour dans la cité antique d’Aspendos en Turquie

Des archéologues ont mis au jour à Aspendos, dans la province turque d’Antalya, un groupe sculpté en marbre de 2,2 mètres représentant Asklépios, dieu grec de la médecine, accompagné de son fils Télesphore, une découverte annoncée le 7 août 2026 par le ministère turc de la Culture et du Tourisme.

La sculpture a été dégagée parmi les vestiges effondrés d’une porte monumentale, sur le flanc ouest de la place Est, le long de la voie qui menait au théâtre. Sa datation, située par les fouilleurs dans le dernier quart du IIe siècle après J.-C., en fait un témoin de la place tenue par les cultes de guérison dans la vie urbaine de l’époque impériale romaine.

Une statue de deux mètres dans une porte effondrée

Selon le communiqué du ministère de la Culture et du Tourisme, Asklépios est représenté de face, en homme barbu d’âge mûr aux cheveux longs et épais, drapé dans un himation. Son bras droit, aujourd’hui manquant, s’appuyait à l’origine sur un bâton entouré d’un serpent, l’attribut traditionnel du dieu.

À hauteur de son pied gauche se tient Télesphore, figure de bien plus petite échelle, vêtue d’un long manteau à capuche qui couvre presque entièrement son corps. Dans la mythologie gréco-romaine, Asklépios incarne la médecine et la guérison, tandis que Télesphore est associé à la convalescence et au rétablissement.

La position du groupe, retrouvé dans l’aile nord de la porte monumentale, indique selon les archéologues qu’il était exposé dans un secteur de la ville voué aux usages publics et cérémoniels, à un carrefour très fréquenté de la cité antique.

Le culte d’Asklépios, importé du monde grec, était largement diffusé dans les provinces romaines d’Asie Mineure, où les sanctuaires de guérison attiraient des fidèles venus chercher un remède. La présence de son effigie à un point de passage majeur d’Aspendos tendrait à confirmer l’ancrage de ces croyances dans la vie quotidienne de la cité.

Un ensemble qui met en scène la guérison

Le ministre de la Culture et du Tourisme, Mehmet Nuri Ersoy, a présenté la trouvaille sur les réseaux sociaux. « Le groupe de statues représente l’ensemble du processus de guérison, du traitement d’une maladie à la récupération complète », a-t-il indiqué, soulignant l’association des deux divinités au sein d’une même composition.

L’agence de presse publique Anadolu et l’agence chinoise Xinhua, qui ont relayé l’annonce, rapportent une œuvre en marbre vieille d’environ 1 800 ans, un état de conservation jugé rare pour un groupe statuaire complet de cette période. La tête de Télesphore, comme le bras droit d’Asklépios, ne nous est toutefois pas parvenue.

La sculpture s’inscrit dans un ensemble de découvertes réalisées sur le site au cours de la campagne, le quotidien Hürriyet Daily News faisant état de la mise au jour, quelques jours plus tard, d’une sépulture attribuée à un lutteur, plus ancienne de plusieurs siècles.

Aspendos, cité gréco-romaine de Pamphylie

Située à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Antalya, Aspendos est l’une des cités antiques les plus visitées de Turquie. Son théâtre romain, édifié au IIe siècle après J.-C. et considéré comme l’un des mieux conservés du monde méditerranéen, en constitue le monument emblématique.

La ville de Pamphylie a prospéré à l’époque hellénistique puis romaine, tirant sa richesse du commerce et d’un aqueduc dont subsistent d’imposants vestiges. La découverte du groupe d’Asklépios vient documenter l’importance des pratiques religieuses liées à la santé dans cette cité, dont une partie du tissu urbain reste encore à explorer.

Une campagne inscrite dans un programme national

Les fouilles d’Aspendos sont menées dans le cadre du programme « Heritage for the Future » (Patrimoine pour l’avenir), lancé par le ministère turc de la Culture et du Tourisme pour intensifier les recherches sur les sites antiques du pays. Ce dispositif finance des campagnes prolongées sur plusieurs dizaines de sites, avec l’objectif affiché de rendre accessibles au public de nouvelles découvertes.

Selon The Art Newspaper, la saison 2026 a été particulièrement fournie sur les sites turcs, plusieurs annonces s’étant succédé durant l’été. Les autorités n’ont pas précisé le calendrier de restauration ni les modalités de présentation du groupe d’Asklépios, qui devrait rejoindre les collections d’un musée de la région après étude.

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Jacques CARLES