Près de trois quarts des annonces de logement étudiant analysées en France comportent au moins une irrégularité, selon une enquête publiée le 7 juillet 2026 par l’association Que Choisir Ensemble, qui décrit un marché locatif « hors de contrôle ».
À quelques semaines de la rentrée universitaire, ces résultats illustrent la difficulté croissante des étudiants à se loger, dans un contexte où le parc universitaire public reste très insuffisant et pousse la grande majorité d’entre eux vers un marché privé jugé opaque et souvent hors des clous.
Une enquête dans onze grandes villes universitaires
L’association a passé au crible des annonces publiées sur des sites de location dans onze agglomérations qui concentrent environ 62 % des étudiants : Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse.
Le constat est sévère. Selon Que Choisir Ensemble, 73 % des annonces présentent au moins une irrégularité. Dans 36 % des cas, il s’agit de l’absence de mention du diagnostic de performance énergétique (DPE), pourtant obligatoire, un manquement qui laisse le futur locataire sans information sur la consommation du logement et ses charges à venir.
L’association précise avoir ciblé un segment particulièrement recherché des étudiants, les petites surfaces et studios, mis en ligne sur les principales plateformes de location. Le choix de ces onze agglomérations n’est pas anodin : elles regroupent la majeure partie des effectifs étudiants du pays et concentrent, de fait, la tension la plus vive sur le marché locatif à l’approche de chaque rentrée.
L’encadrement des loyers largement ignoré
Dans les six villes où l’encadrement des loyers s’applique, 95 % des annonces dépassent les plafonds autorisés, avec un dépassement moyen de 234 euros par mois, d’après l’association. Les taux de non-conformité culminent dans les zones les plus tendues, jusqu’à 97 % à Paris.
Le prix reste le nerf de la guerre. Un studio de 15 mètres carrés coûte en moyenne 600 euros par mois, mais l’écart entre les villes est marqué : de 504 euros à Grenoble à 984 euros à Paris, relève l’enquête. Les aides personnalisées au logement (APL) ne couvrent en moyenne que 43 % du loyer, laissant le reste à la charge des familles.
Ramené au mètre carré, un studio parisien peut ainsi dépasser 65 euros mensuels, un niveau sans commune mesure avec le reste du parc locatif. Pour beaucoup de familles, ce surcoût s’ajoute aux frais d’inscription, de transport et d’alimentation, et transforme la recherche d’un toit en obstacle financier majeur avant même le premier cours.
Ce que dénonce l’association
- Absence de mention du DPE dans plus d’un tiers des annonces.
- Dépassement quasi systématique des plafonds de loyer là où ils existent.
- Des loyers qui pèsent lourdement malgré les APL.
« Le prix du logement qui choisit pour eux »
La présidente de Que Choisir Ensemble, Marie-Amandine Stévenin, résume l’enjeu en des termes tranchés. « Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux », déclare-t-elle.
Derrière la formule, une réalité concrète : le coût du logement pèserait de plus en plus dans l’orientation et la mobilité des jeunes, certains renonçant à une formation éloignée de leur domicile faute de pouvoir se loger. L’enquête souligne aussi que l’encadrement des loyers, là où il s’applique, produit des effets : à Paris, il permettrait une économie estimée à 141 euros par mois pour les locataires.
Une échéance fixée au 26 novembre 2026
Le dispositif d’encadrement des loyers, expérimental, doit arriver à expiration le 26 novembre 2026, sauf prolongation décidée par le législateur. Que Choisir Ensemble demande de pérenniser ce mécanisme, d’en garantir l’application complète et de renforcer le contrôle du respect des règles existantes.
Sans reconduction, l’association estime que l’un des rares garde-fous face aux excès du marché disparaîtrait, à un moment où la pression locative reste forte dans les grandes villes universitaires. La décision devrait intervenir avant la fin de l’automne.

