Thales voit son bénéfice net reculer de 27 % au premier semestre mais ses commandes de défense bondissent de 21 %

Le groupe Thales a annoncé le 23 juillet un résultat net publié de 485 millions d’euros au premier semestre 2026, en recul de 27 % sur un an, plombé par une charge exceptionnelle de 331 millions d’euros liée à l’annulation du programme allemand de frégates F126. Le titre a pourtant bondi de plus de 5 % à la Bourse de Paris.

Ce grand écart entre un bénéfice comptable en baisse et un accueil boursier enthousiaste résume la lecture qu’ont faite les investisseurs des comptes du fabricant d’électronique de défense. Au-delà de la charge ponctuelle, la dynamique commerciale et la rentabilité opérationnelle ont dépassé les attentes du marché, portées par la hausse des dépenses militaires mondiales.

Un bénéfice net grevé par une charge exceptionnelle

Le résultat net publié de 485 millions d’euros contraste avec les 664 millions d’euros enregistrés un an plus tôt. Ce repli s’explique principalement par l’impact net de 331 millions d’euros lié à la décision de l’Allemagne d’interrompre le programme de frégates F126, sur lequel Thales était engagé.

Retraité de ces éléments, le résultat net ajusté ressort à 990 millions d’euros, en hausse de 13 % sur un an, selon les données publiées par le groupe. Le résultat d’exploitation ajusté (EBIT ajusté) atteint 1,37 milliard d’euros, pour une marge opérationnelle de 12,5 % du chiffre d’affaires, contre 12,2 % au premier semestre 2025.

Des prises de commandes tirées par la défense

Sur le plan commercial, Thales a enregistré 12,47 milliards d’euros de prises de commandes au premier semestre, en progression de 21 % en données publiées. Le carnet de commandes consolidé s’établit à environ 52 milliards d’euros au 30 juin 2026, un niveau qui offre au groupe une visibilité de plusieurs années sur son activité.

Le ratio book-to-bill, qui rapporte les commandes au chiffre d’affaires, se maintient au-dessus de 1,1, signe que le groupe engrange davantage de contrats qu’il n’en facture. Le segment Défense, qui génère désormais plus de la moitié des revenus du groupe, a vu son activité progresser de 13 %.

Une conjoncture géopolitique favorable

  • Hausse continue des budgets militaires en Europe et dans le monde
  • Un carnet de commandes défense alimenté par les tensions internationales
  • Une activité aéronautique dont la marge atteint 10,4 %

« Dans un contexte géopolitique de plus en plus incertain, les produits et solutions de Thales reposant sur la sécurité, la souveraineté et l’innovation démontrent à nouveau toute leur pertinence et leur attractivité à l’échelle mondiale », a souligné Patrice Caine, PDG du groupe, à l’occasion de la publication des résultats semestriels.

Un chiffre d’affaires en croissance et un cash-flow renforcé

Le chiffre d’affaires du premier semestre s’établit à 10,95 milliards d’euros, en croissance organique de 7,8 % sur un an. Le cash-flow libre opérationnel a nettement progressé, à 1,87 milliard d’euros, contre 499 millions d’euros un an plus tôt, un désendettement qui a rassuré les analystes.

La division cybersécurité, longtemps scrutée pour sa croissance atone, s’est stabilisée avec une progression organique de 1,6 % sur le semestre et de 4,5 % au seul deuxième trimestre, selon les chiffres du groupe.

Une action en tête du CAC 40

À la Bourse de Paris, l’action Thales a réagi favorablement, gagnant plus de 5 % en séance le 23 juillet et prenant la tête du CAC 40. Cette hausse traduit le soulagement des investisseurs face à la solidité de la rentabilité et à l’ampleur du carnet de commandes, malgré la charge liée aux frégates F126.

Objectifs annuels confirmés

Thales a confirmé ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice 2026. Le groupe vise une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 6 % et 7 %, ce qui correspondrait à des facturations totales de 23,3 à 23,6 milliards d’euros, et une marge d’EBIT ajusté située entre 12,6 % et 12,8 %.

Le groupe présentera ses prises de commandes et son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 à l’automne, prochaine échéance attendue par le marché pour mesurer la poursuite de cette dynamique.

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Jacques CARLES