La galerie d’Apollon, écrin des joyaux de la Couronne au musée du Louvre, a rouvert ses portes au public le mercredi 22 juillet 2026, neuf mois après le cambriolage spectaculaire du 19 octobre 2025, mais sans aucune pièce exposée dans ses vitrines.
La salle était restée fermée depuis le vol de huit joyaux commis en quelques minutes par un commando venu par la façade côté Seine. Le préjudice avait été estimé à 88 millions d’euros. Sa réouverture marque une étape symbolique pour l’établissement le plus visité au monde, encore marqué par un vol survenu en plein jour.
Une galerie rendue à son architecture
Les visiteurs ont retrouvé dès l’ouverture, vers 9 heures, le décor doré, les plafonds peints et les tableaux monumentaux de la galerie, mais plus aucun objet précieux dans les vitrines. Selon le directeur du Louvre, Christophe Leribault, cette configuration renoue avec la fonction d’origine de la salle au XVIIe siècle, celle d’une galerie de déambulation meublée de quelques sièges et de tapis.
« C’est l’occasion de redécouvrir son architecture et le décor de cette galerie. C’est notre galerie des Glaces », a déclaré Christophe Leribault, cité par franceinfo. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a pour sa part souligné un changement de regard sur le lieu. « On ne levait pas toujours les yeux sur ses décors, attirés que nous étions par les joyaux », a-t-elle relevé.
Le souvenir du vol du 19 octobre
Le 19 octobre 2025, un commando avait accédé à la galerie depuis un balcon donnant sur la Seine, à l’aide d’un monte-charge, avant de dérober huit joyaux de la Couronne en quelques minutes. Parmi les pièces disparues figurait le diadème de l’impératrice Eugénie, retrouvé par la suite fortement endommagé, ainsi que des bijoux ayant appartenu aux reines Marie-Amélie et Marie-Louise.
Si des suspects ont été interpellés, la plupart des objets dérobés restent introuvables. Le cambriolage avait relancé le débat sur la sécurité des collections nationales et conduit à l’audition de la direction du musée devant le Sénat.
Des mesures de sécurité renforcées
Le point de passage utilisé par les malfaiteurs, le balcon donnant sur la Seine, est désormais condamné par une grille. Les gemmes qui n’avaient pas été emportées ont été mises à l’abri, et aucun objet précieux ne sera présenté dans la galerie d’Apollon dans l’immédiat.
Cette réouverture sans vitrines a suscité des réactions contrastées parmi les premiers visiteurs. « Elle est magnifique, comme dans mes souvenirs », a confié Alison Leslie, policière à la retraite venue d’Édimbourg, tandis qu’une autre visiteuse, Gilda Vallorz, constatait un espace « vide, très vide ».
Les joyaux attendus dans l’aile Richelieu
La collection de gemmes présentée jusqu’ici dans la galerie d’Apollon devrait être réinstallée dans l’aile Richelieu, au sein de vitrines conçues sous le Second Empire. Avant toute nouvelle présentation, une salle de haute sécurité devrait être construite, selon les projets évoqués par la direction du musée.
Le calendrier de ce transfert n’a pas été précisé, l’établissement conditionnant le retour des pièces à l’achèvement de ces aménagements.

