L’Inrap a dévoilé le 15 juillet 2026 la découverte, dans un silo gaulois de Pithiviers (Loiret), d’une épée en fer déposée près du corps d’un enfant de moins de 15 ans, l’un des plus anciens exemplaires connus dans le département. La révélation s’inscrit dans la saison scientifique 2026 de l’institut, consacrée aux Gaulois.
Mise au jour lors d’une fouille de 2010 mais racontée cette semaine dans la série « Brèves gauloises », cette trouvaille éclaire les pratiques funéraires déroutantes de l’âge du Fer, où des corps humains finissaient au fond d’anciens silos à grains reconvertis en dépotoirs. Le site de Pithiviers « Bois Médor » livre plusieurs de ces dépôts, dont celui, atypique, d’un très jeune combattant.
Un habitat gaulois fouillé lors d’un contournement routier
La découverte remonte à un projet de contournement routier engagé à Pithiviers, au lieu-dit « Bois Médor ». À cette occasion, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) avait fouillé les vestiges d’un vaste habitat gaulois daté des Ve et IVe siècles avant notre ère, soit la période dite de La Tène ancienne.
Ce hameau se caractérisait notamment par la présence de silos d’une capacité de plusieurs mètres cubes. Creusés pour conserver le grain à l’abri de l’air, ces réservoirs souterrains étaient, une fois hors d’usage, fréquemment réemployés comme fosses-dépotoirs. C’est dans ce contexte de rebut que les archéologues ont retrouvé des restes humains, une association qui reste, selon l’Inrap, difficile à interpréter.
Six corps répartis dans trois silos
En bordure orientale du site, trois silos groupés ont livré six corps humains, répartis en quatre dépôts distincts. Les positions observées varient fortement d’un individu à l’autre. Certains semblent avoir été jetés, d’autres manipulés ou disposés avec soin, sans qu’un rituel unique se dégage.
L’un des silos abritait un dépôt multiple de trois corps, dont deux placés sur le ventre. Dans un autre, le squelette d’un homme est apparu les pieds liés aux mains et la tête séparée du reste du corps, un traitement qui évoquerait une mise à mort ou une pratique post-mortem violente. Ces configurations rejoignent des cas documentés ailleurs en Gaule, où fosses de stockage et dépôts humains se mêlent régulièrement.
Une épée pour un enfant destiné à combattre
Le troisième silo, daté de la fin du Ve siècle avant notre ère, s’est révélé le plus singulier. Il renfermait le corps d’un enfant de moins de quinze ans, blotti contre la paroi. À ses côtés, les fouilleurs ont relevé une fibule et de possibles restes de bouclier.
Surtout, une épée en fer glissée dans son fourreau avait été placée près des jambes du défunt, et non portée par lui. Cette disposition « semble confirmer la présence d’un très jeune guerrier, ou d’un enfant destiné à le devenir », indique l’Inrap dans sa notice. L’arme, précise l’institut, est « de forme et de taille standard », mais elle constituerait « l’un des plus anciens exemplaires » recensés dans le Loiret.
Le mobilier associé, fibule et bouclier, renforcerait l’hypothèse d’un statut particulier accordé à cet enfant. Pour un individu si jeune, l’accompagnement par une panoplie martiale relève de l’exception à cette période, où les sépultures d’armes restent d’ordinaire réservées à des adultes.
Une trouvaille au cœur de la saison gauloise de l’Inrap
La publication de cette brève n’est pas fortuite. L’Inrap consacre en 2026 sa dixième saison scientifique et culturelle à l’âge du Fer et à la période gauloise. Expositions, colloques, publications et ouvertures de fouilles au public rythment l’année, avec pour ambition d’offrir un panorama des recherches récentes sur ces peuples celtes.
Parmi les rendez-vous annoncés figurent l’exposition « L’étoffe d’un Gaulois. Costume et parure en Gaule », présentée à La Roche-Blanche (Puy-de-Dôme) du 4 avril 2026 au 7 mars 2027, ou encore « Saveurs gauloises » au musée archéologique de la Bataille de Gergovie. La série « Brèves gauloises », dont relève l’épée de Pithiviers, prolonge cet effort en donnant la parole aux archéologues sur des fouilles marquantes de l’âge du Fer, désormais réexaminées à la lumière des acquis les plus récents.

