Canicule de fin juin, plus de 2 000 décès supplémentaires en une semaine

Santé publique France a enregistré 8 973 décès toutes causes confondues entre le 22 et le 28 juin 2026, soit 2 025 morts de plus que la semaine précédente, une hausse de 29,1 % qui coïncide avec la vague de chaleur ayant traversé le pays.

Le bulletin de l’agence sanitaire, publié cette semaine, place la France devant l’un des épisodes de surmortalité les plus marqués depuis plusieurs étés. Il ne s’agit pour l’heure que d’un premier décompte, l’agence prévenant que ces chiffres restent « partiels » et « sous-estiment le nombre total de décès » attribuables à la chaleur. Un bilan spécifique consacré à l’impact de la canicule devrait être publié environ trois semaines après la fin de l’épisode.

Les personnes âgées en première ligne

La surmortalité frappe presque exclusivement les 45 ans et plus, qui concentrent 2 001 des 2 025 décès supplémentaires recensés, selon Santé publique France. Les 65 ans et plus représentent à eux seuls environ 85 % des morts observées, d’après les données relayées par franceinfo. L’agence a fait état de pics quotidiens supérieurs à 1 200 décès le 24 juin, puis à 1 400 les 25 et 26 juin.

Depuis le 24 juin, environ 1 000 décès supplémentaires ont été comptabilisés par rapport aux niveaux attendus, un chiffre que l’agence présente comme provisoire.

Une hausse spectaculaire des morts à domicile

Le domicile est le lieu où la progression est la plus forte, avec une augmentation de 91 % des décès, contre 37 % en Ehpad et 19,7 % dans les établissements de santé, selon le bulletin de Santé publique France. Cette concentration des morts hors du système hospitalier inquiète les autorités sanitaires, car elle échappe en grande partie à la surveillance en temps réel.

Le site spécialisé Caducee.net souligne que la mortalité à domicile n’est couverte qu’à hauteur de 25 % environ par les remontées rapides, contre près de 80 % pour les décès hospitaliers. « Les patients très âgés, isolés, polymédiqués, insuffisants cardiaques, insuffisants rénaux, diabétiques ou atteints de troubles cognitifs ne disposent pas tous des ressources nécessaires », relève la publication, qui pointe la difficulté à repérer les personnes vulnérables vivant seules.

L’Île-de-France particulièrement touchée

Les écarts régionaux sont considérables. L’Île-de-France affiche une hausse de 62,8 % de sa mortalité, soit 619 décès supplémentaires, devant les Pays de la Loire (+62,0 %, 178 décès), la Normandie (+53,1 %, 216 décès) et le Centre-Val de Loire (+47,3 %, 121 décès), d’après Santé publique France. La Nouvelle-Aquitaine et les Hauts-de-France enregistrent également plusieurs centaines de morts en excès.

La chaleur continue de peser sur la mortalité même après la baisse des températures, un phénomène documenté par les épidémiologistes qui décrivent des effets différés sur les organismes fragilisés, notamment cardiaques et rénaux.

Un bilan estival qui pourrait s’alourdir

Les vagues de chaleur provoquent chaque année entre 1 000 et 7 000 décès en France, selon les estimations rappelées par l’épidémiologiste Basile Chaix. « On peut supposer que, cet été, on sera plus proche de 7 000 que du millier », a-t-il avancé auprès de France 24, alors que la saison estivale ne fait que commencer.

Santé publique France indique que le travail de consolidation prend plusieurs mois. Le bilan définitif de l’épisode de fin juin ne devrait être connu qu’à la fin de l’année.

Picture of Jacques CARLES

Jacques CARLES