Inflation retombée à 2,8 % dans la zone euro, la BCE devrait faire une pause le 23 juillet

L’inflation est retombée à 2,8 % sur un an en juin dans la zone euro, contre 3,2 % en mai, un repli qui conforte l’hypothèse d’un maintien des taux directeurs lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne, prévue le 23 juillet.

Le ralentissement des prix marque une inflexion après plusieurs mois de tensions liées au conflit au Moyen-Orient, qui avait ravivé la facture énergétique. Pour la BCE, il ouvre une fenêtre pour observer les effets de ses dernières décisions avant d’aller plus loin, alors que l’institution a durci sa politique au printemps.

Un reflux porté par l’énergie

Selon les données publiées pour le mois de juin, la décrue s’explique d’abord par la détente des prix de l’énergie et des services, après le pic atteint au printemps. La France affiche l’un des taux les plus bas des grandes économies de la zone euro, à 2,0 %, les prix à la consommation y progressant de 1,8 % sur un an, d’après l’Insee.

Ce niveau se rapproche de la cible de 2 % que la Banque centrale européenne s’est fixée à moyen terme. L’écart reste toutefois marqué d’un pays à l’autre, ce qui complique la lecture d’ensemble pour l’institution de Francfort, chargée d’une politique unique pour l’ensemble de l’union monétaire.

Une BCE qui a resserré au printemps

La Banque centrale européenne a relevé ses taux le 11 juin, portant son principal taux de refinancement de 2,15 % à 2,40 %. Le taux de dépôt, qui rémunère les liquidités placées par les banques auprès de l’institution, a été fixé à 2,25 %, et le taux de prêt marginal à 2,65 %.

Cette hausse a marqué un changement de cap après une longue séquence d’assouplissement. Elle répondait à une inflation qui, portée par les prix de l’énergie, était remontée jusqu’à 3,2 % au mois de mai, s’éloignant de l’objectif.

Le marché table sur le statu quo

Les anticipations de marché penchent désormais pour un maintien des taux le 23 juillet, plutôt qu’une nouvelle hausse. Un tel choix laisserait à la BCE le temps de mesurer l’effet du reflux des prix et l’évolution de la situation géopolitique, sans engager de mouvement supplémentaire.

La décision reste suspendue aux prochains indicateurs. Une inflation qui repartirait à la hausse pourrait justifier un nouveau tour de vis, tandis qu’un ralentissement plus net conforterait la pause. L’institution répète que ses arbitrages se feront réunion après réunion, en fonction des données disponibles.

Des conséquences pour le crédit

Pour les ménages et les entreprises, le niveau des taux directeurs conditionne le coût du crédit, du prêt immobilier au financement des investissements. Une stabilisation, si elle se confirme, mettrait fin à l’incertitude sur la trajectoire des taux, sans pour autant annoncer un retour rapide à des conditions de financement plus souples. La réunion du 23 juillet fournira le premier signal de l’orientation retenue pour l’été.

Des écarts persistants dans la zone euro

Derrière la moyenne de 2,8 %, les situations nationales restent contrastées. Si la France affiche l’un des taux les plus faibles, d’autres États membres continuent de subir une inflation plus élevée, alimentée notamment par les prix des services et des salaires. Cette dispersion complique la tâche de la Banque centrale européenne, dont la décision s’applique uniformément à des économies aux dynamiques différentes.

Le poids de l’énergie dans la trajectoire des prix demeure central. La détente observée en juin tient largement au reflux des cours après les tensions du printemps, liées au conflit au Moyen-Orient. Une nouvelle flambée sur les marchés pétroliers ou gaziers pourrait rapidement inverser la tendance et peser sur les arbitrages à venir.

Un calendrier scruté par les marchés

La réunion de juillet n’est qu’une étape d’un cycle que les investisseurs suivent de près. Chaque décision de la BCE est accompagnée d’une conférence de presse au cours de laquelle l’institution précise sa lecture de la conjoncture, un exercice déterminant pour orienter les anticipations. Les projections économiques actualisées, publiées à intervalles réguliers, servent également de repère aux acteurs financiers pour évaluer la suite du mouvement.

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Jacques CARLES