À Allonnes, l’Inrap détaille le riche mobilier métallique d’un sanctuaire gaulois

L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) est revenu début juillet sur les résultats de la fouille d’Allonnes, dans le Maine-et-Loire, où une vaste agglomération gauloise et son sanctuaire ont livré un riche mobilier métallique. Le site, fouillé en amont d’un projet de lotissement, offre un point d’observation rare sur la vie d’une communauté celtique et sur ses pratiques religieuses.

L’intérêt de la découverte tient à la conjonction d’un quartier d’habitat et d’un lieu de culte étudiés ensemble, une situation peu fréquente. La Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire avait jugé le site d’importance exceptionnelle, à l’échelle régionale comme à celle de l’Europe celtique.

Une agglomération fondée au IIe siècle avant notre ère

Selon le ministère de la Culture, l’agglomération a été fondée au IIe siècle avant notre ère. La fouille, menée sur environ 1,5 hectare pour le futur lotissement des Lisières, a mis au jour près de 2 000 structures archéologiques, de 9 à 50 mètres carrés, révélant une organisation raisonnée de l’espace, avec des zones d’activités, des places et des voies de circulation.

L’habitat s’est déplacé au début de l’époque romaine, au Ier siècle de notre ère, tandis que le sanctuaire est demeuré en activité. Ce complexe cultuel a été fréquenté près de six siècles, jusqu’au IVe siècle de notre ère, ce qui en fait un témoin de la longue transition entre le monde gaulois et le monde gallo-romain.

Monnaies, armes et lingots déposés en offrande

Le sanctuaire a livré de nombreuses offrandes votives, déposées par les habitants ou par des visiteurs venus de plus loin. Parmi ce mobilier figurent des monnaies, des armes et des lingots, un ensemble métallique dont l’étude alimente aujourd’hui les travaux de l’Inrap.

Les archéologues ont également exploré des puits profonds où les conditions de conservation ont préservé des matériaux organiques rarement retrouvés, comme du bois travaillé et du cuir. Ces vestiges, confiés à des spécialistes de l’institut, élargissent la lecture d’un site que le seul mobilier métallique ne suffirait pas à documenter.

Pour les chercheurs, l’intérêt réside dans la possibilité de suivre l’évolution d’un même lieu sur la longue durée. Le maintien du culte après le départ de l’habitat éclaire la manière dont les populations locales ont conservé leurs pratiques religieuses tout en s’inscrivant dans le monde romain, un processus rarement documenté d’un seul tenant sur un site fouillé en totalité.

Un chantier étalé sur plusieurs mois

La fouille s’est déroulée de décembre 2018 à juin 2019, avant une reprise en septembre de la même année. La commune d’Allonnes avait financé la phase initiale, l’opération prolongée ayant ensuite été prise en charge par la Drac, signe de la valeur accordée au gisement.

L’exploitation scientifique des données se poursuit désormais loin du terrain. En revenant sur ce corpus, l’Inrap entend retracer plus de deux mille ans d’histoire locale, des premiers Gaulois installés sur le site jusqu’au déclin du sanctuaire, au fil de publications appelées à s’échelonner.

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Jacques CARLES