Japan Expo souffle ses 25 bougies à Villepinte devant plus de 200 000 visiteurs

La 25e édition de Japan Expo s’est tenue du 9 au 12 juillet au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, où les organisateurs attendaient plus de 200 000 visiteurs sur 154 000 mètres carrés. Un quart de siècle après une première édition confidentielle, le rendez-vous consacré à la culture japonaise figure désormais parmi les plus grands salons de France.

Derrière les allées remplies de cosplayeurs se lit une bascule culturelle. En 2000, le manga et l’animation japonaise restaient largement méconnus dans l’Hexagone. La France est aujourd’hui le deuxième marché mondial du manga derrière le Japon, un basculement que la presse professionnelle, dont Livres Hebdo, relie directement à la montée en puissance du salon.

D’un sous-sol d’école au troisième salon français

Le rendez-vous est né en 2000 dans les sous-sols de l’école d’informatique EPITA, au Kremlin-Bicêtre, à l’initiative de trois passionnés, Jean-François Dufour, Sandrine Dufour et Thomas Sirdey. La première édition avait réuni 3 200 curieux venus échanger des mangas et regarder des animés sur cassettes VHS, rappelle Europe 1 dans un retour sur cette trajectoire.

Le cofondateur Thomas Sirdey décrit un événement pensé dès l’origine comme un lieu de rencontre entre tous les milieux sociaux, ouvert aussi bien aux visiteurs modestes qu’aisés. La fréquentation double lors des premières éditions et impose des déménagements successifs, d’Austerlitz à Champerret puis à La Défense.

Un épisode de saturation en 2004, lorsque des centaines de personnes n’avaient pu entrer faute de place, pousse les organisateurs à revoir leur modèle. Après une année d’interruption, le salon s’installe à Villepinte, un pari jugé risqué à l’époque selon le récit livré par ses fondateurs.

Une mécanique de 1 100 exposants et 13 scènes

L’édition 2026 s’est déployée sur 154 000 mètres carrés, avec plus de 1 100 exposants et treize scènes thématiques dédiées aux concerts, aux tournois de jeu vidéo, aux démonstrations d’arts martiaux et aux dédicaces. Le salon revendique un rôle de vitrine commerciale pour les éditeurs de manga, note Livres Hebdo, qui y voient une caisse de résonance pour leurs nouveautés.

La fréquentation reste toutefois sensible au calendrier. Le pic historique remonte à 2023, avec 255 259 entrées. L’édition 2024 était retombée autour de 200 000 visiteurs, un recul anticipé par les organisateurs en raison d’un été perturbé par les Jeux olympiques de Paris, avant une remontée proche de 220 000 en 2025 sur quatre jours.

Le poids du rendez-vous dépasse le seul champ culturel. La presse spécialisée le présente comme le troisième salon français par la fréquentation, derrière ceux de l’automobile et de l’agriculture, un classement qui traduit l’ancrage durable de la culture japonaise dans les loisirs de l’Hexagone. Les éditeurs y multiplient annonces de séries et rencontres avec les auteurs, dans une logique de calendrier commercial.

Un modèle décliné et encore fragile

Le succès parisien a nourri des extensions. Japan Expo Sud a vu le jour à Marseille en 2009 et en était à sa 16e édition en 2026. Des déclinaisons régionales et une tentative américaine, lancées entre 2012 et 2014, ont connu un sort plus contrasté.

Le public, lui, a changé de visage. Les premiers fans du début des années 2000 reviennent désormais accompagnés de leurs enfants, faisant du salon un rendez-vous multigénérationnel. La prochaine échéance se jouera dans le Sud, où l’édition marseillaise doit confirmer que l’appétit français pour la culture japonaise ne faiblit pas.

Picture of Jacques CARLES

Jacques CARLES