Les Eurockéennes s’ouvrent sous tension climatique à Belfort

Les Eurockéennes de Belfort ont lancé jeudi 2 juillet leur 36e édition sur la presqu’île du Malsaucy, ouverte par le groupe punk californien The Offspring devant une foule que l’organisation espère porter à plus de 100 000 spectateurs jusqu’au dimanche 5 juillet.

Le rendez-vous s’installe cette année dans un contexte particulier, alors que la chaleur et la multiplication des alertes canicule pèsent sur les festivals français. Fin juin, Solidays avait dû écourter sa programmation, une décision qui a nourri le débat sur la place laissée aux organisateurs face aux préfectures.

Une soirée d’ouverture dédiée au rock

La première journée a été consacrée aux guitares, avec en tête d’affiche The Offspring, qui a enchaîné ses titres les plus connus et rendu hommage à Ozzy Osbourne par une reprise de « Last Train », selon le média local macommune.info. Le groupe australien Airbourne l’a précédé, son chanteur Joel O’Keeffe aspergeant de bière une partie du public, rapporte le même site.

Le festival, né en 1989, revendique une programmation de plus de cinquante artistes répartis sur quatre scènes et quatre jours. Parmi les noms confirmés figurent le groupe britannique Pulp, ainsi qu’Orelsan et Aya Nakamura, cités par le site d’actualité info.fr. Le pass trois jours démarre à 165 euros, le camping étant inclus dans le billet.

Un directeur qui refuse « d’annuler par défaut »

Le directeur du festival, Jean-Paul Roland, a fait de la question climatique un enjeu central de cette édition. « Plutôt que d’annuler, il faut discuter », a-t-il déclaré, disant redouter une forme d’automatisation des annulations par les préfectures en cas de fortes chaleurs.

Il a détaillé la ligne de conduite retenue par l’organisation. « Si les températures dépassent 40 °C, nous devrons peut-être adapter les horaires de concerts ou fermer certaines zones. Mais nous ne voulons pas annuler par défaut », a-t-il indiqué. Le directeur a salué une approche préfectorale « qui laisse une marge de manœuvre », par contraste avec les décisions plus tranchées observées ailleurs.

Le montage adapté à la chaleur

Les préparatifs ont été réorganisés autour du risque thermique. Le montage des scènes a débuté à 6 heures du matin pour éviter le pic de l’après-midi, tandis que des brumisateurs et des points d’eau fraîche ont été installés dans les zones techniques comme dans les espaces publics, selon info.fr. Des postes de sécurité ont été répartis sur l’ensemble du site.

Ces aménagements interviennent alors que le montage s’est en partie déroulé sous alerte rouge, obligeant à décaler les horaires des équipes. La presqu’île du Malsaucy étant un espace naturel protégé, l’organisation compose de longue date avec des contraintes environnementales que la canicule vient accentuer.

Un poids lourd pour le Territoire de Belfort

L’affluence attendue, plus de 100 000 festivaliers sur quatre jours, équivaut à près du double de la population du Territoire de Belfort, qui compte 45 091 habitants selon les données citées par info.fr. Le festival génère des retombées pour l’hôtellerie et le commerce local, appuyées par des navettes gratuites depuis la gare de Belfort.

Pour sécuriser la billetterie, l’organisation a rappelé que « seuls les billets achetés via les canaux officiels sont valables », renvoyant vers sa plateforme de revente encadrée. La programmation se poursuit jusqu’au dimanche 5 juillet, avec les têtes d’affiche annoncées sur les journées suivantes.

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Jacques CARLES