L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et la Banque de France ont lancé mardi 8 juillet une alerte contre la recrudescence des arnaques financières en ligne pendant l’été, sous le mot d’ordre « l’été, les escrocs ne prennent pas de vacances ».
Les deux institutions estiment que les fraudeurs profitent de la baisse de vigilance et de la hausse de la navigation sur internet durant les congés pour pousser de faux placements et de faux crédits. Certaines victimes ont perdu plusieurs centaines de milliers d’euros, à un moment où de nombreux ménages disposent d’une épargne à placer.
Des faux placements en tête des signalements
Selon le communiqué de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, adossée à la Banque de France, 66 % des signalements reçus concernent de faux placements et 32 % de faux crédits. Au cours du premier semestre, un seul cas de fraude a causé un préjudice de plus de 700 000 euros, illustrant l’ampleur que peuvent atteindre ces escroqueries.
Le mode opératoire reste stable. Une publicité en ligne ou sur les réseaux sociaux redirige la cible vers un faux site, où un formulaire capte ses données personnelles. Un prétendu conseiller rappelle ensuite la victime pour obtenir ses coordonnées bancaires, en promettant des rendements anormalement élevés.
Une tendance de fond
L’alerte estivale s’inscrit dans une progression continue. En 2025, l’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ont ajouté plus de 1 300 sites ou entités non autorisés à leurs listes noires. Le préjudice moyen déclaré atteignait 34 000 euros, contre 29 000 euros un an plus tôt, et 16 % des Français disaient avoir déjà été confrontés à une escroquerie financière.
« Dans un contexte marqué à la fois par une démocratisation de l’investissement en Bourse, la multiplication des arnaques financières et la montée en puissance des réseaux d’initiés, la protection des épargnants et l’intégrité des marchés sont plus que jamais au cœur de notre action », déclarait Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers, lors de la publication du rapport annuel fin mai.
L’usurpation d’identité en hausse
Les autorités mettent en garde contre une pratique en expansion, l’usurpation de l’identité de dirigeants ou d’institutions. Elles rappellent que jamais un responsable de la Banque de France ou de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ne recommandera un site ou un produit financier particulier, quand des escrocs se réclament de leur nom pour crédibiliser leurs offres.
Ce démarchage frauduleux vise désormais aussi les crypto-actifs et les produits complexes, un déplacement du terrain qui complique la tâche des régulateurs comme la vigilance des épargnants. Le Pôle commun réunissant les deux autorités a d’ailleurs publié début juillet un point sur les arnaques et les produits structurés, ajoutant vingt-cinq nouveaux sites et entités, liés au marché des changes et aux dérivés sur crypto-actifs, à ses listes noires.
Des outils publics pour vérifier
Pour se prémunir, les institutions renvoient vers la plateforme publique ABE Infoservice, qui recense les listes noires et permet de vérifier l’agrément d’un intermédiaire avant tout versement. Le Pôle commun rassemblant les deux autorités a encore actualisé ces listes début juillet, signe que le travail de recensement se poursuit au rythme de l’apparition de nouveaux sites.

