Le musée du président Jacques Chirac cambriolé pour la troisième fois en dix mois

Le musée du président Jacques Chirac, à Sarran (Corrèze), a été de nouveau cambriolé dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 août 2026. Des objets de collection ont été dérobés dans la galerie présidentielle après l’effraction de la porte d’entrée.

Ce vol est le troisième en dix mois pour cet établissement départemental qui conserve environ 5 000 cadeaux diplomatiques reçus par l’ancien chef de l’État. La répétition des intrusions relance les interrogations sur la protection d’un lieu isolé du plateau de Millevaches, à l’écart des grandes agglomérations et de leurs moyens de surveillance.

Une vitrine fracturée en pleine nuit

L’alarme du bâtiment s’est déclenchée aux alentours de 4 heures du matin, selon l’enquête rapportée par France Bleu Limousin. Les auteurs ont brisé une vitre de la porte principale pour pénétrer rapidement dans les lieux, avant de fracturer une vitrine de la galerie présidentielle.

Le procureur de la République à Tulle, François Tessier, a indiqué que le « vol porte sur différents objets de collection », sans préciser leur nature ni communiquer d’estimation du butin. Le montant du préjudice n’était pas connu au lendemain des faits. Aucun agent de sécurité n’était présent sur place au moment de l’intrusion.

Implanté à Sarran, commune de quelques centaines d’habitants du plateau de Millevaches, le musée occupe un bâtiment contemporain conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, mêlant granit, ardoise et chêne à la manière d’un hameau corrézien. Sa localisation rurale, dans une région à laquelle l’ancien président était attaché, complique la sécurisation d’une collection dont plusieurs pièces présentent une forte valeur marchande.

Une enquête confiée à l’office anti-trafic de biens culturels

Une enquête a été ouverte et confiée aux gendarmes de la section de recherches de Limoges, épaulés par l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), unité spécialisée dans les vols d’œuvres d’art et d’objets patrimoniaux. Le musée a fermé ses portes à la suite du cambriolage, avec un message précisant que « le musée est fermé temporairement ».

La collection conservée à Sarran rassemble quelque 5 000 présents offerts à Jacques Chirac entre 1995 et 2007, période de ses deux mandats à l’Élysée. La galerie présidentielle, ouverte en 2024, expose aussi une quarantaine de cadeaux reçus par d’autres présidents depuis 1958, parmi lesquels un collier et un bracelet akan de Côte d’Ivoire, un coffret en albâtre d’Inde et des panthères en bronze du Bénin.

Deux vols déjà commis en octobre 2025

L’établissement avait déjà été visé à deux reprises à l’automne 2025. Le 12 octobre, un vol à main armée avait été commis, suivi de l’interpellation de quatre hommes quelques heures plus tard. Dans la nuit du 13 au 14 octobre, un second cambriolage avait entraîné la disparition de montres et de bijoux, pour un butin estimé par le parquet à « plus d’un million d’euros ».

Selon le quotidien régional La Montagne, aucune mesure de sécurité renforcée n’avait été mise en place sur le site après cette série de vols, alors que le musée ne dispose pas de gardiennage nocturne permanent. Le mode opératoire du 6 août, une effraction rapide suivie du ciblage d’une vitrine précise, rappelle celui des intrusions précédentes.

Silence des responsables du site

Le conseil départemental de la Corrèze, propriétaire et gestionnaire du musée, n’a pas souhaité s’exprimer publiquement dans l’immédiat, selon France Bleu Limousin. La maire de Sarran, Agnès Audureau, et Claude Chirac, fille de l’ancien président, n’ont pas davantage réagi aux sollicitations de la presse locale.

Inauguré en 2000 à l’initiative de Jacques Chirac lui-même, le musée présente l’une des plus importantes collections de cadeaux diplomatiques ouverte au public en France. Sa fréquentation repose en grande partie sur le tourisme estival en Corrèze, période durant laquelle est survenu ce troisième cambriolage. Les enquêteurs cherchaient à déterminer si les mêmes auteurs pouvaient être à l’origine des différents vols visant l’établissement.

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Jacques CARLES