Marie-Paule Belle, l’interprète de La Parisienne, s’est éteinte à 80 ans

La chanteuse, compositrice et pianiste Marie-Paule Belle, dont le titre La Parisienne (1976) reste gravé dans la mémoire collective, est morte le samedi 25 juillet 2026 à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 80 ans. Sa disparition prive la chanson française d’une de ses voix les plus libres.

Une disparition annoncée par sa famille

Selon Toulouse7, qui a relayé l’information le jour même, c’est l’entourage de l’artiste qui a annoncé son décès le 25 juillet, à son domicile de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. Âgée de 80 ans, elle était née le 25 janvier 1946 à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise. Le même média précise qu’elle était atteinte d’un cancer, maladie dont elle avait parlé publiquement.

Marie-Paule Belle avait grandi à Nice, où sa mère, musicienne, lui avait enseigné le piano et la guitare dès le plus jeune âge. Installée à Paris à la fin des années 1960, elle avait fait ses premières armes dans les cabarets de la rive gauche, sur les traces de Barbara, dont elle reprendra plus tard le répertoire.

Un hommage de la présidence de la République

Fait notable pour une artiste de music-hall, l’Élysée lui a consacré un communiqué officiel dès le lendemain, le 26 juillet 2026. La présidence y salue le souvenir d’« une artiste singulière et généreuse, d’une femme libre qui avait fait de l’élégance une espièglerie ».

Le texte insiste sur la dimension frondeuse de son œuvre, rappelant qu’elle savait « rire des conventions, contester les rôles assignés et célébrer une liberté féminine ». Le chef de l’État et son épouse ont adressé « leurs condoléances attristées » à la famille, aux proches et au public de l’artiste.

Un répertoire couronné de prix

Derrière le personnage espiègle se cache une carrière dense. D’après le communiqué de l’Élysée, Marie-Paule Belle a signé environ 400 chansons réparties sur 25 albums, un volume considérable pour la chanson à texte française. Son premier disque avait été distingué par le Grand Prix de la chanson française, un lancement rare pour une débutante.

Plusieurs éléments jalonnent son parcours, tel qu’il ressort des sources consultées :

  • une entrée sur scène par les cabarets parisiens de la rive gauche ;
  • La Parisienne, créée en 1976, devenue un air populaire national ;
  • des spectacles et reprises consacrés à Barbara, figure tutélaire de son inspiration.

Une voix de la liberté féminine

Au-delà des chiffres, c’est une manière d’occuper la scène que retient l’hommage présidentiel. En faisant « de l’élégance une espièglerie », selon les mots de l’Élysée, Marie-Paule Belle avait imposé un registre où l’ironie tenait lieu d’arme et la légèreté de manifeste. Ses textes, souvent teintés d’humour, abordaient le rapport des femmes aux normes sociales avec une distance qui a marqué toute une génération d’auditeurs.

Sa filiation revendiquée avec Barbara situe son travail dans la lignée de la chanson d’auteur, celle qui privilégie le mot et l’émotion sur l’effet. À l’heure où la chanson francophone rend hommage à ses aînées, la trajectoire de Marie-Paule Belle rappelle le rôle qu’ont joué les cabarets de la rive gauche dans l’éclosion des grandes interprètes de la seconde moitié du XXe siècle.

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Jacques CARLES