Une équipe de l’université d’Exeter et de la société Cotswold Archaeology a mis au jour, sous des terres agricoles du Devon, une villa romaine du IVe siècle dotée d’une mosaïque polychrome présentée comme la plus occidentale jamais découverte dans une villa de Bretagne romaine. L’annonce a été faite le 20 juillet 2026.
Le site, situé entre les villages de Halberton et Sampford Peverell, avait été repéré par un détectoriste avant de devenir le cœur d’un vaste chantier communautaire. Les archéologues y voient un jalon pour comprendre la romanisation d’une région longtemps considérée comme périphérique de l’Empire.
Une mosaïque à la fleur stylisée
Le pavement mis au jour couvre environ 12 m² et se compose de milliers de cubes rouges, blancs et gris-bleu foncé mesurant chacun 12 millimètres, agencés autour d’une fleur stylisée à huit pétales. Selon l’université d’Exeter, il s’agirait de l’exemple de mosaïque situé le plus à l’ouest jamais retrouvé dans une villa de Bretagne romaine.
« Dès le départ, nous savions que cette villa était un site important pour comprendre la romanisation du Devon », a déclaré la docteure Susan Greaney, de l’université d’Exeter, citée dans le communiqué de l’établissement. La chercheuse souligne que la présence d’un décor aussi soigné, aussi loin des grands centres urbains, éclaire la diffusion des modes de vie romains jusqu’aux marges de la province.
Des thermes et un décor peint
Au-delà de la demeure principale, les fouilleurs ont dégagé des thermes d’une certaine ampleur, comprenant au moins deux bassins de plongée bâtis en opus signinum, un mortier hydraulique romain, et des murs ornés d’enduit peint. La villa, d’abord de plan rectangulaire modeste, aurait été agrandie à plusieurs reprises, et un escalier en bois suggère l’existence d’un étage.
Des zones de stockage et de cuisine ont été identifiées à l’arrière du bâtiment, occupé au IVe siècle. L’ensemble dessine le portrait d’un domaine prospère, dont les propriétaires disposaient de moyens suffisants pour financer un confort inspiré des standards méditerranéens.
Une intaille à l’effigie de la Victoire
Parmi les objets les plus remarquables figure une intaille, gemme gravée représentant la déesse Victoire, initialement montée sur une bague et destinée à imprimer un sceau dans la cire des documents. Les archéologues ont aussi recueilli un bracelet en alliage de cuivre, une cuillère en argent plaqué, des tessons de céramique sigillée ornée d’un bec de lion, un gobelet à rainures et un bois de cerf travaillé.
Le chantier est mené dans le cadre du projet SHARE (Saving Halberton’s Ancient Roman Environment), financé par le National Lottery Heritage Fund, en partenariat avec le Devon County Council, le Tiverton Archaeology Group et la Sampford Peverell Society. Environ 65 étudiants en archéologie et de nombreux bénévoles ont participé aux travaux.
Un chantier étalé sur trois campagnes
Cette première campagne de deux mois constitue la première de trois visites annuelles programmées sur le site, dont l’objectif affiché est autant scientifique que conservatoire, la villa étant menacée par les labours. Les prochaines phases devraient se concentrer sur le domaine environnant, afin de replacer la demeure dans son contexte rural.
La mosaïque, une fois restaurée, doit rejoindre le Tiverton Museum of Mid Devon Life, où elle sera exposée au public. Les équipes de l’université d’Exeter et de Cotswold Archaeology prévoient de reprendre les fouilles lors des prochaines campagnes estivales pour poursuivre la caractérisation du site.

