Meuble en kit : l’usine Parisot de Mattaincourt fermera fin juillet avec 124 postes supprimés

Le fabricant de meubles en kit Parisot doit fermer son usine de Mattaincourt, dans les Vosges, et y supprimer 124 postes d’ici la fin du mois de juillet, un projet présenté au comité social et économique le 24 juin et contre lequel les salariés se sont mobilisés le 2 juillet devant la préfecture d’Épinal.

Placée en redressement judiciaire en juin 2026, l’entreprise fondée en 1936 illustre le recul de toute une filière du meuble français, fragilisée par le repli du marché de l’ameublement et l’envolée des coûts de l’énergie. Sur le site vosgien, 134 salariés sont concernés ; seuls quatre postes seraient maintenus pour la gestion des stocks.

Un plan de fermeture calé sur la fin juillet

Le projet de restructuration, dévoilé aux représentants du personnel le 24 juin, prévoit l’arrêt de la production à Mattaincourt à l’échéance de la fin juillet 2026. Selon le plan de la direction, 124 emplois seraient supprimés localement, la production restante étant regroupée sur le site de Saint-Loup-sur-Semouse, en Haute-Saône, où quelques postes seraient transférés.

Le groupe avait sollicité lui-même son placement en redressement judiciaire au cours du mois de juin, une procédure censée organiser la poursuite d’activité tout en cherchant un repreneur ou une réorganisation. Le calendrier resserré, qui verrait les machines s’arrêter au coeur de l’été, laisse aux salariés et aux élus peu de marge pour infléchir la décision.

Des salariés proches de la retraite fragilisés

La mobilisation du 2 juillet devant la préfecture des Vosges a réuni des ouvriers réclamant des mesures d’accompagnement et des engagements en faveur du maintien d’une activité industrielle sur le site. Pour une partie des effectifs, la question du reclassement se pose avec d’autant plus d’acuité que l’ancienneté est forte.

« Beaucoup ont 30 ans de présence et arrivent à un âge, 50 ans, 55 ans » où retrouver un emploi s’annonce difficile, a souligné Héroine Fabert, déléguée CGT, citée par ICI (ex-France Bleu). Le maire de Mattaincourt, Joris Huriot, n’a pas caché sa colère à l’égard des dirigeants : « On a été pris et on est toujours pris pour des cons par les dirigeants », a-t-il déclaré. Le ministre délégué chargé de la Ruralité, Michel Fournier, a été alerté de la situation.

Un bassin d’emploi marqué par le déclin du meuble

La fermeture s’inscrit dans une histoire industrielle longue. Parisot, ex-MVM, a employé par le passé plus de 2 000 salariés dans le bassin, avant un effritement progressif de ses effectifs au gré du recul de la fabrication française de meubles. Le regroupement annoncé à Saint-Loup-sur-Semouse concentrerait l’activité subsistante sur un seul pôle.

Deux facteurs sont mis en avant pour expliquer la dégradation financière : le ralentissement du marché du mobilier et la hausse des coûts de l’énergie, qui pèsent sur des sites de production consommateurs et exposés à la concurrence des importations. Le meuble en kit, longtemps moteur de croissance, subit un tassement de la demande après plusieurs années d’achats soutenus.

Le sort du site suspendu à la procédure judiciaire

La suite dépendra du déroulement du redressement judiciaire et de l’éventuelle apparition d’un repreneur pour tout ou partie de l’activité. En l’état, le plan présenté aux instances représentatives fixe l’arrêt de la production vosgienne à la fin juillet, sous réserve des mesures d’accompagnement encore à négocier. Les prochaines semaines diront si des solutions de reclassement ou de maintien d’une empreinte industrielle peuvent être obtenues avant l’échéance de l’été.

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Jacques CARLES