Le prix repère du gaz grimpe de 7,4 % au 1er juillet

Le prix repère de vente du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a augmenté de 7,4 % toutes taxes comprises au 1er juillet 2026, alourdissant d’environ 2,7 euros la facture mensuelle des ménages ayant souscrit une offre indexée sur ce repère.

La hausse intervient dans un contexte de prix déjà tendus. Selon l’Insee, les tarifs de l’énergie avaient bondi de 16,8 % sur un an en mai, tirant l’inflation à 2,4 %, sa plus forte progression en deux ans. Le nouveau relèvement du repère gazier touche un parc de consommateurs qui reste large, dans un pays où le chauffage au gaz équipe encore une part importante des logements, et il ne se limite pas aux seuls contrats indexés.

Un repère à 164 euros le mégawattheure

D’après la CRE, le prix repère passe de 152,86 euros le mégawattheure TTC en juin à 164,21 euros en juillet, soit un écart de 7,4 %. Le régulateur chiffre l’effet moyen à 2,7 euros TTC supplémentaires sur la facture de juillet des abonnés dont l’offre suit directement cet indice, publié chaque mois depuis la fin des tarifs réglementés du gaz en 2023.

Ce repère, rappelle la CRE, se décompose en trois blocs, la fourniture, l’acheminement et les taxes, déterminés respectivement par les indices de marché, les tarifs de réseau et les prélèvements fixés par l’État. La composante fourniture progresse sous l’effet de la remontée des cours de gros et de coûts annexes, parmi lesquels les certificats d’économies d’énergie (CEE) et les frais commerciaux des fournisseurs.

Les offres à prix fixe aussi concernées

La progression ne s’arrête pas aux contrats indexés. La part acheminement du repère intègre la révision annuelle du tarif de distribution de GRDF, en hausse de 5,87 % selon la décision de la CRE du 7 mai 2026, qui accompagne la mise en place de la péréquation gazière visant à harmoniser une partie des coûts de réseau entre les territoires.

Or ce poste s’applique à tous les abonnés, quel que soit leur type de contrat. Les ménages ayant opté pour une offre à prix fixe, soit environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz selon les acteurs du secteur, verraient ainsi leur facture ajustée par le canal de l’acheminement, avec une hausse moyenne estimée autour de 1,5 %. Deux des trois composantes du prix, la fourniture et la distribution, ont en effet été révisées.

Un parc de foyers encore massif

Le nombre de foyers exposés reste élevé. Au 31 décembre 2025, la France comptait 10,34 millions de sites résidentiels sous contrat de gaz naturel, un ensemble qui inclut aussi bien les logements chauffés au gaz que ceux qui n’utilisent l’énergie que pour la cuisson ou l’eau chaude sanitaire.

Pour ces derniers, dont la consommation annuelle est faible, l’impact en valeur absolue resterait modéré, la hausse portant sur une facture réduite. À l’inverse, les logements chauffés au gaz, plus gourmands, subiraient un effet plus marqué à la reprise de la saison de chauffe, à l’automne, lorsque les volumes consommés augmentent fortement.

Une trajectoire énergétique sous surveillance

Le mouvement s’inscrit dans une série de révisions tarifaires estivales. Après une stabilité du tarif réglementé de l’électricité en juillet, autour de 0,194 euro le kilowattheure en option base, un relèvement de l’ordre de 1 % est attendu au 1er août, lié lui aussi à la hausse des coûts d’acheminement via le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE).

La facture énergétique des ménages continuerait donc de se tendre au fil de l’été, alors que la confiance des consommateurs mesurée par l’Insee demeure nettement sous sa moyenne de longue période. Le prochain repère gazier de la CRE, qui fixera le tarif d’août, est attendu dans les premiers jours du mois.

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Jacques CARLES