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Le prix du Bitcoin chute sous les 70 000 $ lors de la pire semaine depuis 2022, l’élan du ‘Trump rally’ s’estompe

Le prix du Bitcoin a basculé en quelques séances d’un récit de puissance à une séquence de doute. En l’espace de cinq jours, la principale cryptomonnaie a perdu autour de 10%, glissant sous la zone des 70 000 dollars et, par moments, sous les 65 000 dans les dernières 24 heures observées. Ce passage en dessous d’un seuil psychologique n’a pas seulement une portée symbolique : il réactive des réflexes de gestion du risque, accélère des ventes automatisées et remet au premier plan la question de la profondeur réelle de la demande. Pour beaucoup d’investisseurs, la nervosité provient moins d’une “mauvaise nouvelle crypto” isolée que d’un climat global où les actifs risqués — notamment la tech — respirent moins bien. Le mouvement a été renforcé par des sorties de capitaux des ETF américains adossés au bitcoin au comptant, censés justement stabiliser l’accès des grands investisseurs. Le contraste est saisissant avec la période où l’élan du Trump rally semblait porter le marché : la hausse qui avait accompagné le mandat pro-crypto et culminé au-dessus de 126 000 dollars l’automne précédent apparaît désormais comme un sommet de cycle, suivi d’une correction de plus de 50% à son point bas. Derrière les chiffres, une mécanique se met en place : désendettement, liquidations, rotation vers l’or, et une psychologie collective où la prudence reprend le dessus.

  • Bitcoin en baisse d’environ 10% sur cinq jours, sous 70 000 dollars et brièvement sous 65 000.
  • Plus mauvaise semaine pire depuis 2022, avec un plus bas inédit depuis novembre 2024.
  • Sorties nettes massives des ETF spot américains : environ 545 millions de dollars sur une séance, dont un gros bloc sur un fonds majeur.
  • Le recul dépasse 50% par rapport au record au-dessus de 126 000 dollars atteint à l’automne précédent.
  • Le récit du Trump rally perd de son élan face au retour du “risk-off”, à l’incertitude monétaire et à une inflation tenace.

Bitcoin sous 70 000 dollars : anatomie d’une chute et d’une semaine pire depuis 2022

La chute sous 70 000 dollars agit comme une ligne de fracture psychologique. Dans les salles de marché comme sur les applications grand public, ce seuil fonctionne comme un repère : tant qu’il tient, beaucoup d’investisseurs “supportent” la volatilité. Dès qu’il cède, les décisions deviennent plus mécaniques. Les ordres stop, les stratégies de couverture et les algorithmes de suivi de tendance peuvent amplifier un mouvement déjà engagé.

Ce qui frappe dans la séquence récente, c’est la vitesse : en cinq séances, le prix a reculé d’environ 10%, un rythme qui renvoie à la nervosité des phases de stress. Le fait que le bitcoin ait touché ses niveaux les plus bas depuis novembre 2024 alimente un sentiment de rupture de régime. On ne parle plus d’un simple “retracement” après une hausse, mais d’une remise en cause de points d’équilibre que beaucoup croyaient consolidés.

Dans notre fil conducteur, prenons Lina, gérante d’un petit family office européen. Début de semaine, elle observe la baisse sans bouger, convaincue que les achats “institutionnels” via ETF absorberont les ventes. Mais jeudi soir, quand le marché accélère vers les plus bas, elle reçoit des alertes : plusieurs positions à effet de levier dans son portefeuille crypto deviennent coûteuses à maintenir. Elle réduit alors l’exposition, non par conviction baissière, mais par discipline de risque. Ce type de décision, multiplié par des milliers d’acteurs, transforme une baisse ordinaire en mouvement de capitulation.

La comparaison avec 2022 revient parce que la douleur ressentie est similaire : le sentiment que “quelque chose se dégonfle”. Sauf qu’ici, le contexte est différent. En 2022, les chocs étaient souvent endogènes à l’écosystème. Désormais, une partie du stress provient d’un marché plus large, où les actions technologiques peuvent entraîner, par corrélation, les actifs numériques. Quand les portefeuilles deviennent défensifs, le bitcoin n’est plus traité comme une exception narrative ; il redevient un actif risqué parmi d’autres.

Un autre élément structurel pèse : la correction est devenue, à son point le plus bas, supérieure à 50% par rapport au record au-dessus de 126 000 dollars atteint à l’automne précédent. Ce chiffre n’est pas seulement impressionnant ; il déclenche des discussions sur la “durabilité” de la hausse précédente. Les investisseurs se demandent : la montée était-elle principalement une revalorisation fondamentale, ou bien une poussée alimentée par l’effet de mode, l’accès facilité et l’appétit pour le levier ? Cette question prépare le terrain pour comprendre ce qui se passe du côté des ETF, thème du prochain volet.

Sorties d’ETF spot : comment les flux transforment le marché de la cryptomonnaie

Les ETF spot sur le bitcoin ont été présentés comme un pont entre finance traditionnelle et cryptomonnaie. L’idée est simple : rendre l’exposition plus accessible, plus encadrée, et potentiellement plus stable. Pourtant, ces véhicules ont un revers : quand l’humeur se dégrade, la porte d’entrée devient aussi une porte de sortie, parfois très large, et surtout très visible.

Lors de la séance la plus commentée, les ETF spot américains ont enregistré environ 545 millions de dollars de sorties nettes. Ce chiffre compte parce qu’il ne s’agit pas d’un simple ajustement marginal : il signale une réduction coordonnée de l’exposition. Un fonds majeur a concentré une part considérable de ces ventes, avec autour de 373 millions de dollars de sorties nettes sur la journée. Même sans entrer dans le détail des tickers, l’enseignement est clair : quand les allocations institutionnelles se retournent, l’impact sur le prix peut être brutal.

Reprenons Lina. Elle n’achète pas directement du bitcoin sur une plateforme crypto ; elle passe par un ETF pour des raisons de conformité et de simplicité opérationnelle. Lorsque son comité de risque décide de réduire la volatilité globale du portefeuille, elle vend l’ETF. Le gestionnaire de l’ETF, lui, doit ajuster la couverture et la détention sous-jacente, ce qui peut se traduire par des ventes effectives sur le marché spot. En période calme, c’est absorbé. En période tendue, ces ajustements s’additionnent.

Les flux comparés entre actifs disent aussi quelque chose de la hiérarchie des convictions. Sur la même période, les ETF spot liés à l’ether ont vu des sorties plus modestes, tandis que des produits liés à XRP ont même enregistré de légères entrées nettes. Ce contraste n’implique pas un “renversement” durable, mais il illustre une rotation tactique : certains investisseurs cherchent des expositions perçues comme moins encombrées, ou tentent de jouer des catalyseurs propres à certains réseaux.

Pour comprendre pourquoi ces flux comptent autant, il faut se rappeler que la liquidité visible n’est pas toute la liquidité. Les carnets d’ordres peuvent sembler épais, mais une vague de ventes synchronisées, en particulier si elle croise des déclencheurs techniques (cassure de seuils, volatilité implicite en hausse), réduit la capacité d’absorption. C’est ainsi que le marché passe d’une baisse “contrôlée” à une glissade plus désordonnée.

Ce mécanisme explique aussi pourquoi la couverture médiatique s’est intensifiée. Pour approfondir le lien entre phases de correction et fragilités structurelles, certains dossiers aident à remettre en perspective les épisodes de stress, notamment une analyse sur les failles et les risques lors des krachs crypto. L’angle n’est pas de prédire, mais de comprendre comment les tuyaux — produits, liquidité, comportements — influencent la trajectoire.

Cette lecture par les flux prépare un point crucial : la baisse actuelle ne se résume pas à une histoire interne à la crypto. Elle s’inscrit dans un décor macroéconomique où les arbitrages redeviennent conservateurs, ce qui nous amène naturellement au rôle des taux, de l’inflation et du sentiment “risk-off”.

Pour suivre les réactions en temps réel, de nombreux investisseurs se tournent vers des décryptages vidéo ; on trouve par exemple des points de marché en recherchant des analyses sur la baisse du Bitcoin et les flux des ETF.

Fin d’élan du Trump rally : politique, narratif et réalité du marché en 2026

Le Trump rally a longtemps été raconté comme une histoire simple : un mandat perçu comme pro-crypto, un environnement réglementaire moins hostile, et une industrie galvanisée par la promesse d’une reconnaissance. Dans ce récit, le Bitcoin devenait une sorte de baromètre politique autant qu’un actif financier. Or, ce type de narration a une faiblesse : il marche tant que l’élan est intact. Dès que les prix se retournent, la politique ne suffit plus à expliquer les chandeliers rouges.

La correction de plus de 50% depuis le sommet au-dessus de 126 000 dollars met en évidence un point : même un contexte politique favorable ne supprime pas les cycles. Il peut, au mieux, influencer la vitesse d’adoption, la clarté réglementaire ou l’arrivée de nouveaux acteurs. Mais il ne neutralise ni la prise de profits, ni la fin d’un boom spéculatif, ni la rotation des capitaux quand le risque redevient cher.

Un élément a particulièrement marqué les esprits : la communication politique autour de l’absence de “sauvetage” public en cas de turbulences. Quand un responsable du Trésor laisse entendre que l’État ne se positionnera pas en assureur de dernier ressort pour la crypto, le message est interprété comme un rappel de réalité. Dans la finance traditionnelle, certaines institutions systémiques bénéficient d’une croyance — fondée ou non — dans un soutien en cas de crise. Dans l’univers des actifs numériques, l’investisseur comprend qu’il est seul face à la volatilité. Cela ne crée pas la baisse, mais cela peut retirer un coussin psychologique.

Lina, encore elle, raconte à son comité : “Le marché n’est pas en train de dire que la crypto est morte. Il dit qu’il n’y aura pas de filet.” Cette phrase change la façon de calibrer les tailles de position. Quand l’assurance implicite disparaît, on diminue le levier, on raccourcit les horizons et on privilégie la liquidité. Résultat : la demande devient plus opportuniste que structurelle.

À l’échelle de l’écosystème, l’essoufflement du narratif politique ouvre un espace à d’autres thèmes : l’utilité de la blockchain, les applications concrètes et la compétitivité des infrastructures. Ceux qui veulent sortir du pur commentaire de prix peuvent explorer des perspectives plus industrielles via un dossier sur la nouvelle vague blockchain, qui aide à distinguer innovation de court terme et adoption durable.

En 2026, cette distinction devient centrale. Les investisseurs ne se contentent plus d’un slogan pro-crypto ; ils demandent des preuves : revenus, usage, sécurité, gouvernance. Le marché sanctionne plus vite les promesses vagues et récompense, même timidement, les projets capables de traverser les hivers.

La politique reste un vent arrière possible, mais la météo dominante est ailleurs : dans l’économie réelle, les décisions de banques centrales, et la perception du risque. C’est précisément ce qui ressort quand on regarde la rotation vers les valeurs refuges et le rôle de l’or dans la séquence actuelle.

Macroéconomie et “risk-off” : or, tech et Bitcoin dans un même balancier

La baisse du Bitcoin ne peut pas être lue correctement sans regarder ce que font les autres actifs risqués. Quand le sentiment sur les valeurs technologiques se dégrade, l’appétit pour les paris de croissance recule en bloc. Cela ne veut pas dire que la crypto “copie” la tech, mais que les mêmes portefeuilles — fonds multi-actifs, gestionnaires quantitatifs, desks de trading — ajustent simultanément plusieurs expositions.

Des professionnels ont décrit l’arrière-plan macro comme une “résilience fragile” : sur le papier, la croissance ne s’effondre pas, mais les investisseurs deviennent défensifs. Ce type d’environnement est particulier. Il ne donne pas le signal clair d’une récession qui ferait baisser fortement les rendements, mais il maintient une incertitude persistante. Ajoutez à cela une inflation qui reste au-dessus des objectifs, des interrogations sur les orientations futures de la banque centrale américaine et des transitions de leadership dans les instances de politique monétaire : vous obtenez un cocktail où la prudence est rationnelle.

Dans ce décor, l’or apparaît comme l’expression la plus nette de l’aversion au risque. Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un constat de flux : quand le doute s’installe, une partie du capital se met à chercher la stabilité perçue. Le bitcoin, souvent présenté comme “or numérique”, se retrouve paradoxalement traité comme un actif de croissance à bêta élevé. Pourquoi ? Parce que, dans les faits, sa volatilité à court terme et la présence de levier le rapprochent du comportement des actifs risqués.

Pour Lina, cela se traduit par une règle simple : si l’or monte parce que les gérants ont peur, alors il faut réduire ce qui souffre quand ils ont peur. Elle n’abandonne pas la thèse de long terme, mais elle accepte que le timing compte. La gestion devient une question de survie statistique : rester assez longtemps pour profiter des reprises, ce qui implique de ne pas se faire sortir par une mauvaise semaine.

Cette rotation “risk-off” se manifeste aussi dans les discussions urbaines et politiques autour des usages. Certaines villes américaines ont flirté avec l’idée de devenir des vitrines crypto, tandis que d’autres projets imaginent des zones à l’économie fortement numérisée. Ces expériences, qu’elles réussissent ou non, montrent à quel point l’acceptation sociale et institutionnelle conditionne la trajectoire du secteur. Sur ce sujet, un article sur Miami et la stratégie d’adoption des cryptomonnaies illustre bien la dimension culturelle et politique, au-delà des graphiques.

La question rhétorique qui traverse les desks est simple : assiste-t-on à une simple purge de positions, ou à un changement plus durable de régime ? Pour y répondre, il faut regarder la mécanique interne du marché crypto : levier, liquidations, et désendettement. C’est le cœur de la prochaine section.

Pour compléter cette lecture macro, certaines chaînes expliquent la corrélation entre crypto, taux et appétit pour le risque, avec un focus sur la rotation vers l’or et la compression des valorisations.

Désendettement, liquidations et mécanique du marché : pourquoi la chute s’auto-alimente

Quand le prix casse des niveaux clés, le récit laisse place à la plomberie du marché. Plusieurs observateurs décrivent la phase actuelle comme un “désendettement” : on défait des positions à effet de levier accumulées pendant la hausse post-ETF. Ce point est essentiel, car il explique la dynamique en cascade : les ventes ne viennent pas seulement de gens qui “changent d’avis”, mais aussi de mécanismes qui obligent à vendre.

Le levier peut être invisible pour le grand public, mais il structure la volatilité. Quand Lina achète du bitcoin au comptant, elle ne risque “que” la baisse. Quand un trader utilise des produits dérivés, il risque la liquidation si la marge ne suffit plus. Une liquidation, c’est une vente forcée, parfois exécutée au pire moment, qui accentue la baisse et déclenche d’autres liquidations. L’effet domino devient un moteur.

On observe alors une situation où l’action des prix est “pilotée par les bilans” plutôt que par les histoires haussières. Les acteurs surveillent leurs exigences de marge, réduisent les expositions corrélées, et vendent ce qui est le plus liquide. Le bitcoin, justement, est très liquide. C’est un avantage en temps normal, mais en période de stress, cela en fait aussi une source rapide de cash. Le résultat : même ceux qui croient au long terme peuvent vendre à court terme pour stabiliser un portefeuille global.

Cette mécanique explique aussi pourquoi un rebond partiel, même notable sur une séance, ne suffit pas à rétablir la confiance. Tant que les positions “encombrées” ne sont pas purgées, chaque remontée devient une opportunité de sortie pour ceux qui cherchent à réduire le risque. Dans ce cadre, repasser brièvement sous 65 000 puis remonter sans dépasser durablement 70 000 renforce la lecture d’un marché qui tente de retrouver un équilibre, pas d’un marché prêt à repartir immédiatement.

Pour illustrer concrètement, imaginons un exchange et un desk OTC qui voient affluer des ordres de vente d’ETF et des clôtures de dérivés. Ils doivent gérer leur inventaire, couvrir leur exposition, et parfois élargir les spreads. L’investisseur final, lui, constate une exécution moins favorable et une volatilité plus nerveuse. Cela nourrit la perception d’un “krach”, même si le mouvement est en grande partie une réallocation et une normalisation du levier.

Dans les discussions professionnelles, un point revient : le mouvement actuel reflète un changement de comportement plus qu’un choc spécifique à la crypto. En clair, le secteur paie une facture macro, mais avec une amplificatrice interne — le levier. C’est aussi pour cela que certaines ressources de fond sur les fragilités structurelles sont utiles au-delà des titres du jour, comme cet éclairage sur les zones de vulnérabilité lors des phases de chute, qui met en perspective les chaînes de liquidité et la psychologie collective.

La phrase-clé que retient Lina en comité est la suivante : “Quand le marché vend des bilans, il ne discute pas.” Tant que la purge n’est pas achevée, l’élan ne revient pas par décret, même avec un narratif politique ou technologique séduisant.

Julie

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