Le moral des chefs d’entreprise français a de nouveau progressé en août 2026, l’indicateur du climat des affaires de l’Insee gagnant un point pour s’établir à 98, selon la publication diffusée le 21 août.
Ce troisième mois consécutif de hausse rapproche l’indicateur de sa moyenne de longue période, fixée à 100, seuil au-delà duquel les dirigeants jugent la conjoncture favorable. La progression reste toutefois graduelle et inégale selon les secteurs, dans une économie où la croissance demeure atone et le chômage élevé.
Un indicateur qui converge vers sa moyenne
Calculé chaque mois à partir des réponses des chefs d’entreprise, l’indicateur synthétique du climat des affaires a gagné un point en août pour atteindre 98, contre 97 en juillet, d’après l’Insee. « À 98, il est en hausse pour le troisième mois consécutif et se rapproche de son niveau moyen », écrit l’institut dans son communiqué.
L’amélioration s’explique par la hausse des soldes d’opinion relatifs aux intentions de commandes et aux ventes passées. Après un point bas à 94 en mai et juin, l’indicateur s’est redressé de quatre points en trois mois, sans encore franchir le seuil symbolique des 100. La reprise du moral des dirigeants intervient après une longue séquence de dégradation liée à l’incertitude politique et budgétaire, qui avait pesé sur les décisions d’investissement au premier semestre.
Reprise par Boursorama et le Journal du Net, cette publication est scrutée par les conjoncturistes comme un indicateur avancé de l’activité, avant les chiffres de croissance du troisième trimestre. Un niveau durablement inférieur à 100 traduit un climat encore jugé défavorable par une majorité de chefs d’entreprise.
L’industrie tire la reprise
C’est dans l’industrie que le rebond est le plus marqué. L’indicateur sectoriel a gagné deux points, à 103, dépassant sa moyenne de longue période. « En août 2026, le climat des affaires s’améliore de nouveau dans l’industrie. À 103, l’indicateur qui le synthétise gagne deux points et s’écarte de sa moyenne de longue période », détaille l’Insee.
Cette embellie tient principalement à la remontée du solde d’opinion sur les perspectives personnelles de production, revenu à +9 après -1 en juillet. Le sous-secteur des « autres industries » a atteint 101, son plus haut niveau depuis quatre ans, selon l’institut. Le carnet de commandes étrangères s’est également amélioré, à -8 contre -12 le mois précédent.
Services et commerce en amélioration, bâtiment à la traîne
Dans les services, l’indicateur a progressé d’un point pour atteindre 100, revenant tout juste sur sa moyenne de longue période. Le commerce de détail et l’automobile ont enregistré la plus forte hausse, gagnant trois points à 99, portés par les soldes sur les intentions de commandes.
Le bâtiment fait figure d’exception. Son indicateur est resté stable à 96, en deçà de sa moyenne et loin derrière les autres branches, confirmant les difficultés persistantes du secteur de la construction, pénalisé par le recul des mises en chantier et par des taux de crédit encore contraignants. Cette dispersion illustre le caractère encore fragile et partiel de la reprise mesurée par l’Insee, l’amélioration se concentrant sur l’industrie et le commerce plutôt que sur l’ensemble de l’économie.
Le climat de l’emploi reste stable
Parallèlement, l’indicateur du climat de l’emploi est resté stable à 99 en août, également proche de sa moyenne de longue période. Cette stabilité intervient dans un contexte où le taux de chômage se maintient à un niveau élevé et où les entreprises restent prudentes sur leurs perspectives d’embauche.
L’Insee précise que le solde d’opinion sur les prix anticipés dans l’industrie pour les trois prochains mois s’établit à +11,2, un signal surveillé alors que l’inflation est remontée à 2,1 % sur un an en juillet. L’incertitude économique ressentie par les industriels a en revanche reculé, à 28 contre 30 le mois précédent, repassant sous sa moyenne de longue période.
Un signal à confirmer
Les données publiées par l’Insee ne constituent qu’une estimation issue d’enquêtes de conjoncture, et non une mesure directe de l’activité. La prochaine livraison mensuelle est attendue le 24 septembre 2026, tandis que l’estimation provisoire de l’inflation d’août sera diffusée le 28 août. Ces échéances permettront de vérifier si le redressement du moral des entreprises se traduit par une reprise plus tangible de la production et de l’emploi en France.

