Les sculptures du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, chef-d’œuvre de la Renaissance française, ont retrouvé la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes depuis février 2026, à l’issue d’une restauration financée par l’État à hauteur de 1,12 million d’euros.
Selon le ministère de la Culture, le monument funéraire, déposé et démonté depuis 2023, ne sera intégralement remonté qu’au cours de l’année 2026, une fois achevé le traitement des parties basses saturées de sels. En attendant, les pièces majeures sont présentées au public dans une configuration inédite, à même le sol de la cathédrale.
Un chef-d’œuvre de la Renaissance
Commandé en 1499 par Anne de Bretagne pour ses parents, le tombeau a été réalisé par le sculpteur Michel Colombe, sur un dessin du peintre Jean Perréal, et érigé en 1507. Il était destiné à l’origine à l’église du couvent des Carmes de Nantes, avant de rejoindre la cathédrale.
L’ensemble réunit les deux gisants du duc de Bretagne François II et de sa seconde épouse Marguerite de Foix, deux animaux héraldiques — un lion et un lévrier — et quatre statues figurant les vertus cardinales, la Force, la Justice, la Prudence et la Tempérance, placées aux angles du monument. D’après le service patrimonial Patrimonia Nantes, l’œuvre propose « les premières sculptures en ronde-bosse de l’histoire de l’art française ».
Une restauration longtemps redoutée
Les autorités avaient identifié dans les années 2010 la dégradation des parties basses de l’ensemble, minées par les sels responsables de l’altération de la pierre. « La plinthe sur laquelle il reposait s’effritait », a résumé Valérie Godard, conservatrice régionale des monuments historiques à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Le chantier, engagé au printemps 2023, imposait un démontage complet du monument, opération délicate au vu de sa valeur. « C’était une opération qui faisait peur à tout le monde car ce monument est un joyau, une merveille », a reconnu Marc Le Bourhis, directeur régional des affaires culturelles, cité par Nantes Métropole.
Un dessalement au cœur de la pierre
La difficulté tenait moins au nettoyage de surface qu’à l’assainissement profond du matériau. « Il faut un traitement complet, aller au cœur de la pierre », soulignait Valérie Godard. Le dessalement des éléments inférieurs, mené par bains successifs, s’est étalé sur plusieurs saisons, expliquant l’étirement du calendrier initial.
Selon le ministère de la Culture, l’opération, entièrement prise en charge par l’État, illustre l’ampleur des moyens engagés sur un monument classé au titre des monuments historiques et considéré comme l’un des sommets de la statuaire funéraire du début du XVIe siècle.
Un retour progressif dans la cathédrale
La réinstallation des sculptures intervient après la réouverture de la cathédrale de Nantes, elle-même ravagée par un incendie en 2020 et rouverte au public en septembre 2025. Les gisants et les vertus, exposés provisoirement dans une chapelle du monument, offrent aux visiteurs un point de vue rapproché sur des détails habituellement inaccessibles une fois l’ensemble reconstitué.
Le remontage définitif, prévu au cours de l’année 2026, doit rendre au tombeau des ducs de Bretagne sa silhouette d’origine, refermant un chantier de trois ans sur l’un des monuments les plus visités de la cité ducale.

