La marque de sous-vêtements « made in France » Le Slip Français a fait ses premiers pas en Bourse le 14 juillet, sur le marché Euronext Growth à Paris. L’action, introduite à 14,80 euros, a clôturé sa première séance à 15,10 euros, en hausse de 2,03 %, selon les données de marché relayées par Boursorama et l’AFP.
L’opération, rare pour une PME industrielle du textile, a permis à l’entreprise fondée en 2011 de lever des fonds destinés à financer sa production hexagonale, à contre-courant d’un secteur largement délocalisé et bousculé par les plateformes asiatiques à bas prix.
Treize millions d’euros levés, dont cinq d’argent frais
L’introduction a mobilisé 13 millions d’euros au total. Cinq millions correspondent à une augmentation de capital, seule fraction qui alimente les caisses de la société, le solde provenant de la cession de titres par des actionnaires existants, selon le communiqué diffusé par l’entreprise via Businesswire. La capitalisation boursière ressort à environ 19,2 millions d’euros après l’opération, d’après toutsurmesfinances.com.
L’offre a été sursouscrite 1,15 fois et a attiré plus de 7 250 actionnaires particuliers, la demande globale atteignant 13,75 millions d’euros, dont 5,64 millions émanant des seuls particuliers, précise la même source.
Un pari sur la production en France
Le groupe revendique une production entièrement française, répartie sur plusieurs ateliers dont le site Bonne Nouvelle à Aubervilliers pour les sous-vêtements et La Belle Paire à Limoges pour les chaussettes, selon Maddyness. Les fonds levés doivent servir à hauteur de 34 % à la montée en puissance industrielle du site d’Aubervilliers, 32 % aux dépenses commerciales et marketing, et 34 % au renforcement de la trésorerie liée à la croissance.
« Avec cette introduction en Bourse, nous voulons permettre aux Français de devenir actionnaires d’un projet industriel rentable qui leur ressemble », ont déclaré le PDG Guillaume Gibault et la directrice exécutive Léa Marie, cités par Maddyness.
Une rentabilité modeste mais réelle
L’entreprise a dégagé en 2025 un chiffre d’affaires de 21,1 millions d’euros pour un bénéfice net de 0,7 million, d’après les chiffres rapportés par l’AFP. Après avoir compté jusqu’à une vingtaine de boutiques, la marque n’en exploite plus que deux et a ramené le prix moyen de ses articles autour de 20 euros, contre 40 auparavant, dans une stratégie de recentrage.
Le PDG a résumé l’ambition affichée par l’opération : la société entend « montrer par l’exemple que le made in France est performant et compétitif », selon ses propos rapportés par l’AFP.
Diversification et offre B2B en ligne de mire
Au-delà du textile intime, la direction prévoit d’élargir sa gamme avec des jeans dès 2027, des sacs et casquettes en 2028, puis du linge de lit en 2029, indique Maddyness. L’entreprise mise également sur une offre de sous-traitance industrielle « Made in France-as-a-Service » destinée à d’autres marques.
Ces développements s’inscrivent dans un objectif chiffré : la direction vise un doublement de son chiffre d’affaires à l’horizon 2030.

