Le Muséum national d’Histoire naturelle ouvre le 16 juillet 2026, au premier étage de la Grande Galerie de l’Évolution à Paris, l’exposition « Sur les traces des dinosaures », un voyage 140 millions d’années en arrière au cœur du gisement charentais d’Angeac.
L’institution du Jardin des plantes mise sur l’un des plus prolifiques sites paléontologiques de France pour raconter, au grand public, le quotidien d’un chantier de fouilles et la faune du début du Crétacé. Elle s’appuie, selon son communiqué du 18 juin 2026, sur « les dernières données scientifiques » et sur les collections issues du gisement d’Angeac-Charente, dans le sud-ouest du pays. L’exposition prend place dans la Grande Galerie de l’Évolution, l’un des sites les plus fréquentés du Muséum, au 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire, dans le 5e arrondissement.
Un gisement charentais parmi les plus riches au monde
Le site d’Angeac-Charente, fouillé chaque été depuis 2010, est décrit par le Muséum comme « l’un des plus importants au monde pour le début du Crétacé ». Selon les données rapportées par l’Agence France-Presse en 2019, plus de 7 500 fossiles y avaient déjà été mis au jour, témoignant d’une cinquantaine d’espèces animales et d’une dizaine d’espèces végétales conservées dans un même écosystème. Le magazine Artistikrezo évoque de son côté plus de 10 000 ossements de dinosaures et de crocodiles identifiés sur place.
Le gisement s’est fait connaître au-delà des cercles scientifiques en 2019, lorsque les fouilles ont livré un fémur de sauropode de deux mètres, pesé à environ 500 kilos, soit le poids d’un cheval adulte. L’os appartiendrait à l’un des plus grands animaux ayant foulé les continents à la fin du Jurassique. « C’est une découverte majeure », avait alors déclaré le paléontologue Ronan Allain, cité par France 24, se disant « émerveillé par l’état de conservation de ce fémur ».
Un parcours qui suit le travail des scientifiques
La scénographie propose une plongée que le Muséum qualifie de « ludique » dans l’environnement d’il y a 140 millions d’années, à travers de nombreux fossiles de plantes, de crocodiles, de tortues et de dinosaures. Le parcours restitue les différentes étapes du travail scientifique, du terrain au laboratoire, et présente la transition entre le Jurassique et le Crétacé comme un changement d’écosystèmes plutôt que comme une extinction de masse, selon la description publiée par Artistikrezo.
Le magazine culturel détaille plusieurs séquences, parmi lesquelles une évocation du monde de la fin du Jurassique, une présentation des sites paléontologiques charentais par la vidéo et une salle consacrée à la méthode de fouille et à la taphonomie, la discipline qui étudie la fossilisation. Deux squelettes reconstitués d’ornithomimosaures, des dinosaures dits « autruches », doivent y figurer.
Un commissariat porté par des spécialistes du site
D’après Artistikrezo, le commissariat scientifique est assuré par Ronan Allain, paléontologue au Muséum, la conception et la scénographie revenant à Béatrice Abonyi. Les univers illustrés de l’auteur de bandes dessinées Mazan accompagnent le parcours, aux côtés d’un espace de lecture consacré au travail de terrain des paléontologues.
L’exposition s’inscrit dans un partenariat de longue date avec le Musée d’Angoulême, dont le conservateur Jean-François Tournepiche codirige les campagnes de fouilles avec Ronan Allain, selon l’office de tourisme de la destination Cognac. Chaque été, bénévoles, étudiants et professionnels se relaient sur le terrain pour dégager les ossements.
Une ouverture familiale programmée sur le long terme
Conçue pour un large public, l’exposition doit proposer des animations à destination des familles, à partir de six ans selon Artistikrezo, autour des méthodes de la paléontologie et sous la conduite de médiateurs scientifiques. L’accès serait inclus dans le billet de la Grande Galerie de l’Évolution, dont le tarif s’échelonne jusqu’à 14 euros, la réservation en ligne étant fortement conseillée, indique le Muséum.
Programmée sur une durée inhabituellement longue, l’exposition doit rester ouverte jusqu’au début de l’année 2028, selon les informations communiquées par l’établissement. Les premières visites sont attendues dès le 16 juillet, en pleine saison estivale.

