À Louxor, une mission néerlandaise dévoile la tombe peinte d’un dignitaire ramesside

Une mission archéologique néerlandaise de l’université de Leyde a mis au jour, sur la rive ouest de Louxor, la tombe inédite d’un dignitaire égyptien nommé Paser, ornée de peintures murales colorées encore en place. L’annonce, relayée le 13 juillet 2026 par plusieurs publications spécialisées, s’appuie sur les inscriptions relevées dans la chapelle qui ont permis d’identifier le propriétaire du monument.

Située dans la nécropole de Cheikh Abd el-Gourna, au coeur de l’immense cimetière thébain, la découverte enrichit un secteur déjà dense en sépultures de hauts fonctionnaires du Nouvel Empire. Les archéologues la datent de l’époque ramesside, période couvrant les XIXe et XXe dynasties, d’après le style des décors et des textes conservés.

Une tombe identifiée par ses inscriptions

Le nom de Paser a été lu directement sur les parois de la chapelle, où les scènes peintes se sont partiellement conservées. Selon les images diffusées par la mission, le défunt y est représenté rendant hommage à des divinités, puis assis avec son épouse devant une table d’offrandes, un répertoire iconographique classique des tombes privées thébaines.

« Une fine couche de poussière recouvre certaines parties des peintures murales colorées », a indiqué Mohamed Abdel Badie, cité par la mission, décrivant l’état de conservation des décors. Les couleurs restent lisibles, ce qui laisse espérer une lecture détaillée des scènes une fois le nettoyage engagé.

Un plan typique du Nouvel Empire

L’édifice reprend l’organisation caractéristique des tombes privées d’élite de la période. Les archéologues décrivent un ensemble articulé autour de trois composantes principales.

  • une cour ouverte donnant accès au monument ;
  • une chapelle taillée dans le rocher, de plan en T inversé ;
  • des chambres funéraires souterraines situées sous la chapelle.

Dans la cour, les fouilleurs ont repéré une banquette en briques crues percée d’un renfoncement central, destiné à recevoir une stèle funéraire, ainsi qu’un escalier flanqué de rampes en pente menant à l’entrée. Ces aménagements, bien conservés, complètent la lecture architecturale du monument et confirment son rattachement aux usages funéraires du Nouvel Empire à Thèbes.

Une mission installée depuis plusieurs années

La tombe a été dégagée par l’équipe de l’université de Leyde, dirigée par la docteure Karina van den Hoeven, sur le site de Jabanat el-Gourna. La mission néerlandaise mène ses recherches en coopération avec le Conseil suprême des Antiquités d’Égypte depuis 2018, dans ce quartier de la nécropole encore incomplètement documenté.

Le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, Hicham al-Leithy, a précisé les prochaines étapes du travail scientifique. « L’équipe continuera de documenter et d’étudier la tombe pour identifier les personnes qui y ont été inhumées et reconstituer leurs identités », a-t-il déclaré, ajoutant que l’enquête replacerait le cimetière dans son contexte historique et archéologique plus large.

Un fonctionnaire dans l’orbite du pouvoir royal

Les spécialistes rattachent Paser au groupe des dignitaires égyptiens, sans que ses fonctions précises aient encore été détaillées à ce stade des travaux. L’emplacement de la tombe, dans un secteur réservé aux serviteurs de l’État et aux cadres de l’administration thébaine, situe toutefois son propriétaire dans l’entourage du pouvoir royal de la période ramesside, moment où Thèbes conserve un rôle religieux central malgré le déplacement du siège politique vers le Delta.

Le décor de la chapelle, avec ses scènes d’adoration devant les divinités et son banquet funéraire, correspond aux conventions employées pour ce type de personnages. La lecture complète des inscriptions, attendue une fois la restauration engagée, devrait préciser les titres portés par Paser et, avec eux, la place exacte qu’il occupait dans la hiérarchie administrative ou sacerdotale de son temps.

Un secteur funéraire encore à explorer

La nécropole de Cheikh Abd el-Gourna, qui abrite de nombreuses tombes de scribes, de prêtres et de fonctionnaires du Nouvel Empire, demeure un terrain de recherche actif. Les inscriptions de la sépulture de Paser devraient aider à mieux cerner la composition sociale de cette partie du cimetière, dite Basse Cheikh Abd el-Gourna, et l’évolution de son paysage funéraire.

La suite des travaux annoncée pour les prochaines campagnes

La conservation des décors constitue la priorité affichée. « Au cours des prochaines campagnes de fouilles, la mission entamera des travaux de stabilisation structurelle, de conservation et de restauration de la décoration peinte », a annoncé Karina van den Hoeven. L’étude des chambres souterraines et l’identification des défunts inhumés dans la tombe figurent également au programme des saisons à venir.

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Jacques CARLES