Cardea et Scentian vont produire un “nez-langue” bioélectonique

Tout ce qui vit ou qui provient du vivant dégage des odeurs, c’est-à-dire des composés organiques volatils. Ces signaux biochimiques nous renseignent par exemple sur la qualité de la nourriture que nous mangeons, sur l’eau que nous buvons ou sur l’air que nous respirions. Scentian Bio, une startup d’origine néozélandaise a développé une technologie biomimétique basée sur les récepteurs olfactifs des insectes pour interpréter le langage des odeurs que la nature a conçu depuis des centaines de millions d’années. Elle vient de lancer un projet en partenariat avec  Cardea Bio, une startup californienne qui intègre biologie moléculaires, nanotechnologie et électronique des semi-conducteurs. L’objectif est de produire un “nez/langue bioélectronique”.

A cette fin, Scentian et Cardea utiliseront une puce spécifique contenant des transistors à déclenchement biologique à base de graphène pour développer une plateforme d’analyse ou des instruments miniaturisés qui simplifieront grandement le contrôle de la qualité des arômes et des odeurs dans diverses industries. Pour le moment ces contrôles  reposent encore sur des méthodes traditionnelles, notamment des «testeurs de goût», des “nez” ou des instruments de laboratoire lents, encombrants et coûteux.

Au-delà des applications industrielles, selon le  Dr. Andrew Králíček, directeur du département Recherches et Développement de Scentian, la puce nez/langue  traduira le langage des molécules chimiques des effluves en signaux digitalisés pour un très large spectre d’applications. Le capteur disposera de 40 à 50 récepteurs et pourra détecter, en temps réel, des milliers de molécules chimiques “en appuyant simplement sur un bouton”.

Par exemple  dans le secteur médical, le diagnostic et le dépistage des maladies seront facilités par l’analyse fine des composés volatils des odeurs corporelles ou de n’importe quel tissu ou liquide contenant des toxines. La technologie sera également utile pour le contrôle de la pollution et de la qualité de l’air.

“L’idée de nez électroniques basés sur des récepteurs biologiques a été rêvée et théorisée depuis des générations, mais maintenant nous les faisons fonctionner dans nos laboratoires” constate Michael Heltzen, le PDG de Cardea, qui ajoute : “relier les odeurs et les goûts au monde numérique ouvrent d’immenses possibilités et des perspectives de développements à grande échelle”.

source : businesswire

Jacques CARLES

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