TF1 voit sa publicité reculer au premier semestre mais préserve sa rentabilité grâce au numérique

Le groupe TF1 a annoncé le 24 juillet 2026 un chiffre d’affaires de 993 millions d’euros au premier semestre, en repli de 9,9 % sur un an, plombé par la chute des recettes publicitaires télévisées, mais a dépassé les attentes des analystes sur sa rentabilité. Le titre a progressé en Bourse dans la foulée.

Ces comptes illustrent la difficulté du premier groupe audiovisuel privé français à compenser l’érosion structurelle de la publicité linéaire par l’essor de sa plateforme de streaming TF1+. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de prudence des annonceurs, la maîtrise des coûts est devenue le principal levier de résistance du groupe.

Des recettes publicitaires en net recul

Selon le communiqué du groupe repris par Option Finance, les revenus publicitaires ont reculé de 8,7 % au premier semestre, à 714 millions d’euros. Le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 993 millions d’euros, en baisse de 9,9 % en publié et de 6,4 % à périmètre et changes constants. Au seul deuxième trimestre, l’activité s’est contractée de 10,5 %, à 521 millions d’euros.

TF1 attribue ce repli au déclin structurel du marché publicitaire linéaire, amplifié par un environnement instable pour les annonceurs. Le groupe a par ailleurs fait face à une pression concurrentielle exceptionnelle en juin, liée à la diffusion de la Coupe du monde de football de la FIFA sur des chaînes rivales.

TF1+ et le partenariat Netflix en moteurs

Face à ce recul, l’activité numérique constitue le principal relais de croissance. Les revenus de la plateforme de streaming TF1+ ont bondi de 18,6 % sur un an, à 109 millions d’euros. Le partenariat noué avec Netflix a servi de catalyseur : d’après les données du groupe rapportées par TradingSat, TF1+ a atteint un record de 8,3 millions de visiteurs uniques quotidiens le 25 juin 2026.

Cette dynamique numérique n’a toutefois pas suffi à combler le manque à gagner du linéaire. Le résultat opérationnel courant est tombé à 77 millions d’euros au premier semestre, contre 131 millions un an plus tôt, ramenant la marge d’activité à 7,8 % sur le semestre et à 12,3 % au deuxième trimestre, contre 15 % un an auparavant.

La maîtrise des coûts comme bouclier

La rentabilité a été préservée par une gestion serrée des dépenses. Les coûts de programmes ont diminué d’environ 8 %, à 211 millions d’euros, selon les données relayées par TradingSat. Ce pilotage a permis au groupe de dépasser les prévisions des bureaux d’études indépendants : au deuxième trimestre, le résultat opérationnel courant de 64 millions d’euros a surpassé les estimations d’Alphavalue (45 millions) et d’Oddo BHF (50 millions).

Un analyste cité par TradingSat a résumé la performance en estimant que le groupe avait « sauvé ce qui pouvait être sauvé » grâce à sa discipline sur les coûts, malgré des conditions de marché difficiles. Le résultat net semestriel s’est établi à 56 millions d’euros et la trésorerie nette à 432 millions d’euros, après le versement de 132 millions de dividendes en avril.

Des objectifs 2026 confirmés malgré les incertitudes

La direction a réaffirmé l’ensemble de ses objectifs pour l’exercice 2026, dont une croissance à deux chiffres des revenus numériques, une marge d’activité comprise dans une fourchette à un chiffre et une politique de dividende en hausse. Elle n’anticipe toutefois aucune amélioration du marché publicitaire cette année, tablant sur un repli d’environ 10 % du marché linéaire et de l’ordre de 6 % en intégrant le numérique.

La réaction boursière a été favorable : l’action TF1 a progressé de 3,8 % à la suite de la publication, se classant parmi les plus fortes hausses du SBF 120 sur la séance, selon TradingSat. Le groupe présentera l’avancée de ses chantiers, notamment l’intégration de TF1+ et l’extension de ses partenariats de distribution, lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre à l’automne.

Picture of Jacques CARLES

Jacques CARLES