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Les vaccins d’origine végétale : nouvelle avancée en perspective?

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Pendant des millénaires, les plantes ont été des sources de remèdes. Aujourd’hui encore, dans nos armoires à pharmacie, les plantes sont à l’origine des principes actifs de nombre de nos médicaments du quotidien comme l’acide salicylique pour l’aspirine qui autrefois était tirée du saule.

A présent, une nouvelle étape est en train d’être franchie avec la mise au point à partir des plantes non de médicament mais de vaccins. Cette possibilité semble en effet proche d’une concrétisation grâce à plusieurs startup spécialisées dans les biotechnologies qui mènent des recherches en ce sens.

Par exemple, la société québécoise Medicago, après l’annonce de la réussite d’un essai clinique de phase 2 pour son candidat vaccin d’origine végétale contre le Covid-19, est cours de réalisation de la troisième et dernière étape avant l’homologation. Des recrutements de volontaires de grandes ampleurs ont été réalisés à cette fin au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil. Santé Canada, une institution fédérale du ministère canadien de la santé, et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis soutiennent l’opération. La startup québécoise est également soutenue par le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) qui fournit l’adjuvant. Les premiers résultats sont attendus dès 2022.

Jusqu’à présent les recherches visaient à modifier génétiquement les plantes pour produire les substances actives contre les maladies. La rupture dans la nouvelle approche vaccinale vient du constat que des virus végétaux peuvent également être modifiés ou manipulés pour générer rapidement et à faible coût, des protéines capables de produire des épitopes. Les épitopes sont les parties d’antigène que le système immunitaire de l’hôte identifie, obtenant la réaction immunitaire à un agent pathogène. Ces épitopes vaccinaux présents à la surface de particules pseudo-virales (VLP) sont dépourvus d’acide nucléique et inoffensifs pour les êtres vivants, animaux ou plantes. L’entité biologique crée a donc tout du vrai virus, elle dispose d’un pouvoir immunitaire mais elle a perdu son caractère infectieux.

D’autres sociétés de biotechnologie ne sont pas loin derrière la startup québécoise. Kentucky BioProcessing (KBP), membre du groupe British American Tobacco, utilise aussi une technologie similaire à celle de Medicago dans ses recherches pour produire des vaccins végétaux anti COVID-19. Dans un passé récent, KBP fut d’ailleurs déjà une firme pionnière dans la production d’anticorps d’origine végétale pour bloquer l’infection liée au virus Ebola.
Une troisième entreprise qui progresse dans le même sens est iBio, basée au Texas, qui travaille sur plusieurs candidats vaccins. Ceux-ci incluent une particule ressemblant à un virus qui cible la protéine N du virus SARS-CoV-2. La protéine N étant peu susceptible de muter, ces vaccins devraient être bien adaptés pour lutter contre les éventuels variants à venir du coronavirus. Les résultats des premières études précliniques et toxicologiques de iBio sont encourageants.

Enfin dernier avantage des vaccins d’origine végétale : ils n’exigent pas de chaîne du froid.
Si leur efficacité était confirmée, ces vaccins, peu coûteux, faciles à produire et à distribuer en grandes quantités, offriraient une solution bien adaptée pour les pays où le prix des vaccins et leur mode de conservation sont sources de difficultés supplémentaires.

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sources :
(1) Communiqués de presse de Medicago
(2) Rupert Steiner, A plant-based COVID-19 vaccine from a GlaxoSmithKline alliance with Medicago shows strong antibody response Market Watch, May 19, 2021
(3)Kathleen Hefferon and Henry Miller, Plant-based vaccines can change the vaccine landscape, Big Think, 11 June, 2021

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